Il s’agit de la proportion des 20-24 ans qui habitaient chez leurs parents en 2020, contre 53% en 2005. La décohabitation des jeunes est en effet désormais tardive, fixée à 23,4 ans en moyenne en France 2024 – mais presque 25 ans à Paris (Cour des Comptes, 2025 / INSEE, 2025), en lien avec les coûts du logement et l’allongement des études, mais aussi la précarisation croissante des jeunes générations entrant sur le marché du travail.
Le rapport Logement des jeunes, une urgence sociale! présenté lors de la Conférence du Conseil scientifique de l’ESPI du 6 novembre dernier par Jean-Luc Berho, l’un de ses auteurs, dresse ainsi un constat sur la dégradation de la situation du logement des jeunes à partir de trois critères : des ressources plus faibles et moins stables que leurs aînés, des politiques du logement qui négligent une partie des jeunes populations (les non-étudiants, en particulier), même si le logement étudiant reste lui aussi en difficulté, et les insuffisances des aides au logement ou garanties de solvabilité, dont la portée est trop restrictive.

Parmi les préconisations de ce rapport, on retiendra surtout une priorité à la solvabilisation des jeunes par un accès à un revenu de solidarité minimum, par la prise en compte des allocations des contrats d’engagement jeune, des aides Mobili-jeune ou des fonds d’aide aux jeunes (départements) dans les revenus, mais aussi par l’extension du dispositif Visale et la création d’une garantie universelle des loyers pour rassurer les bailleurs. Une stabilisation du dispositif APL est aussi demandée (montant, délais, etc.).
Une action plus ciblée en direction des jeunes en situation de vulnérabilité (enfants protégés, en sortie d’Aide sociale à l’enfance, jeunes étrangers, sans-domicile) est aussi à structurer.
L’information à la jeunesse, via les CROUS, les ADIL (Associations départementales d’information sur le logement), les missions locales est à harmoniser et structurer pour plus d’efficacité dans l’accompagnement au logement et à l’emploi.
Bien sûr, une augmentation du parc conventionné est souhaitée, notamment des résidences étudiantes, mais aussi de l’offre pour jeunes actifs (unifiée en « résidences jeunes travailleurs ») tout comme un accès des jeunes au parc social, actuellement très limité (8% de moins de 30 ans en 2013 contre 24% en 1984) voire à des résidences intergénérationnelles et autres expérimentations innovantes (ex: tiny houses, colocations solidaires, campus verts, hébergement temporaire chez l’habitant, appartements-écoles).
Mais aussi et surtout, il convient d’agir sur la tension du marché en rendant la location en faveur des jeunes comparativement plus attractive : valorisation du bail mobilité, régulation des locations saisonnières par la fiscalité, plafonnement des loyers, lutte contre l’indécence du logement et valorisation du statut du bailleur privé.