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Le Chiffre de la Semaine : 15,8

Le Chiffre de la Semaine : 15,8

Il s’agit, en années, de la durée moyenne d’occupation d’un logement en France, selon les données de l’Institut Paris Région (2021). Bien entendu, une telle moyenne cache de nombreuses disparités, et c’est précisément en étudiant chaque situation particulière que la donnée devient intéressante. Ainsi, et de manière assez intuitive, les ménages propriétaires ont une plus grande ancienneté (20,7 années) que les ménages locataires (6,8 ans). De même, plus le logement est grand, plus on y reste longtemps : côté propriétaires, cela varie de 13,5 ans pour un studio à 21,7 ans pour un 5 pièces et plus ; côté locataires du parc privé, l’écart va de 5,3 à 7,8 ans pour les mêmes types de biens. Enfin, très logiquement, une location meublée présente la plus courte durée d’occupation du parc (3,3 ans pour un studio meublé).

Le cas du parc locatif social se distingue : les ménages y restent plus longtemps que dans le parc privé (12,5 ans en moyenne), signe à la fois de la difficulté d’entrer dans l’habitat social et du faible taux de rotation des ménages une fois en place, du fait d’un parc très inférieur en nombre au volume de la demande.

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La surprise provient plutôt du cas de l’Île-de-France. En effet, les disparités géographiques sont prononcées entre la région capitale et le reste du territoire. C’est ici que l’ancienneté des ménages dans leur logement est la plus faible en moyenne (14, 8 ans), signe d’une mobilité résidentielle a priori plus élevée. On peut le comprendre du fait de l’attractivité de la capitale pour les études et pour son marché de l’emploi dynamique, au cours d’une étape de vie : arrivée pour les études, départ avec les premiers enfants, par exemple.

Pourtant cette lecture est à la fois surprenante et erronée : en effet, dans l’absolu, plus le parc de logements est ancien, moins la mobilité est forte. C’est en effet la dynamique de construction neuve qui alimente le plus les mobilités : une création de logements alimente automatiquement une « chaîne de mobilité résidentielle » d’au moins 2 déménagements de plus (Lévy, 1998) (ex: le primo-accédant libère une location, elle-même reprise par un autre ménage locataire, qui lui-même libère un petit logement pour une décohabitation). Or Paris et la Petite couronne construisent peu, donc les mobilités devraient être moindres.

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L’illusion d’optique tient à la structure de la population. L’agglomération parisienne accueille beaucoup de jeunes et un parc majoritairement composé de petites surfaces, deux facteurs essentiels de mobilité. Si l’on compare la région parisienne aux autres régions, à structure de population égale, alors la correction révèle une autre réalité : pour une même classe d’âge, et pour un même type de logement, la mobilité résidentielle est moindre à Paris et en petite Couronne (voir carte, communes et départements en beige).

Ceci confirme en fait un marché résidentiel tendu, avec des loyers ou des prix à la vente dissuadant la mobilité et ralentissant les parcours résidentiels. D’où l’importance de bien prêter attention aux effets de structure dans l’examen des données !