
Après un pic en 2020, suite à la crise COVID, où 30% des actifs pratiquaient le télétravail, ce chiffre est redescendu depuis à 22,4% (INSEE, 2025) pour une moyenne de 1,9 jours télétravaillés par semaine.
Cette pratique varie toutefois selon les métiers et les régions : environ 30% des métiers ne sont pas télétravaillables du tout (ex : services à la personne, commerce de bouche), et la prépondérance des statuts cadres en Île-de-France fait que c’est dans cette région que le taux de télétravail est le plus élevé (43% des salariés, pour 2,1 jours/semaine (DARES, enquête Tracov2, 2024). C’est aussi une question de métier : 63% des cadres télétravaillent, contre 22% des professions intermédiaires et 10% des employés – voire 1% des ouvriers (tableau). A contrario, 91% des ingénieurs informatique télétravaillent au moins 1 jour par semaine. Enfin, la pratique est plus répandue dans les grandes entreprises (34%) que dans les plus petites (18%). Les entreprises de taille intermédiaire (ETI, comme l’ESPI) sont quant à elles à 26% engagées dans le télétravail.

Quels impacts peut avoir cette évolution sur le marché immobilier tertiaire ? D’après l’étude CBRE de décembre 2025 (« Travail hybride, l’heure du bilan »), la pratique du télétravail est concomitante d’une baisse structurelle de la demande de m² de bureaux (-20% entre pré et post-COVID, moyennes sur 4 ans), passée de 2,5 à 2 millions de m² par an en Île-de-France. De plus, la taille moyenne des transactions s’est elle-même contractée, passant de 14 000 à environ 11 000 m² par opération. Le ratio des bureaux est désormais à 0,6 poste par salarié(e), pour une surface brute passée de 20-25 à 14-16 m² par poste. Cependant, si une majorité des transactions enregistrées correspondaient à des réductions surfaciques des entreprises (50% de réduction, 18% de stabilité), ce n’est plus le cas en 2025, les surfaces augmentant à nouveau (48% de stabilité, 29% d’augmentations). La contraction de l’empreinte immobilière des entreprises semble donc terminée, avec désormais un principe de stabilisation des surfaces par salarié(e) et de garantie d’un socle minimal d’activité en présentiel.