Passer au contenu principal

BTS immobilier : qui sont vraiment les propriétaires bailleurs ? Ce que la recherche apprend au futur gestionnaire

BTS immobilier : qui sont vraiment les propriétaires bailleurs ? Ce que la recherche apprend au futur gestionnaire

Préparer un BTS immobilier pour devenir gestionnaire locatif, c’est se destiner à travailler chaque jour pour des propriétaires bailleurs. Pourtant, rares sont les candidats qui savent précisément qui sont ces clients. Cet article répond à cette question à partir de sources solides. La première partie explique pourquoi la connaissance du bailleur fait partie du métier, et ce que le référentiel du diplôme attend sur ce point. La deuxième présente l’étude menée par le laboratoire de recherche de l’ESPI, ESPI2R, avec l’agence départementale d’information sur le logement du Var : sa méthode, ses limites et ses principaux résultats. Les données nationales de l’Insee et de l’ANIL viendront compléter ce portrait, avec ce qu’elles disent du département du Nord. Une quatrième étape décrit les grands profils de bailleurs et leurs attentes probables. La suivante traduit tout cela en gestes professionnels concrets pour conseiller un bailleur. La dernière partie montre comment cette compétence se construit pendant la formation à Lille, avant une FAQ qui reprend les questions les plus fréquentes.

1. Pourquoi un futur gestionnaire doit connaître les propriétaires bailleurs

Avant de parler de chiffres, posons le décor. Le gestionnaire locatif ne vend pas un produit : il rend un service à une personne qui lui confie un bien, souvent une part importante de son patrimoine.

1.1 Le bailleur, client principal du gestionnaire locatif

En gestion locative, le client n’est pas le locataire, c’est le propriétaire. Il signe un mandat de gestion avec l’agence ou l’administrateur de biens, qui s’engage alors à chercher un locataire, rédiger le bail, encaisser les loyers, suivre l’entretien et rendre des comptes. Cette activité est réglementée par la loi Hoguet de 1970 : elle suppose une carte professionnelle mention « gestion immobilière », dite carte G, détenue par le dirigeant de la structure.

Concrètement, le jeune gestionnaire diplômé d’un BTS immobilier passe ses journées à échanger avec des bailleurs : un retraité inquiet d’un retard de loyer, un couple d’actifs qui a acheté un studio pour préparer sa retraite, une famille qui gère un immeuble hérité au travers d’une société civile immobilière. Ce sont trois clients différents, avec trois façons d’attendre un service.

1.2 Ce que le référentiel du BTS Professions immobilières attend

Le BTS Professions immobilières est un diplôme d’État de niveau 5, enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles. Sa fiche officielle sur le site de France compétences détaille quatre blocs de compétences : conduite du projet immobilier du client en vente et/ou location, administration des copropriétés et de l’habitat social, conseil en gestion du bâti dans le contexte de changement climatique, et construction d’une professionnalité dans l’immobilier.

Le premier bloc du BTS immobilier parle de « projet du client ». Le troisième parle de « conseil ». Autrement dit, le diplôme ne forme pas seulement à appliquer des procédures, il forme à comprendre une personne et sa situation pour l’orienter. Connaître la population des bailleurs, c’est se donner les moyens de ce conseil.

1.3 Intuitions et données : pourquoi la recherche est utile

Chacun a une image du « propriétaire » : riche, multipropriétaire, investisseur aguerri. Les données nuancent fortement ce cliché. Une large part des bailleurs ne possèdent qu’un seul logement mis en location, beaucoup sont âgés, et la plupart vivent à proximité de leur bien.

Partir d’une image fausse conduit à de mauvais réflexes : un discours trop technique face à un bailleur occasionnel, ou au contraire trop simplifié face à un gérant de SCI habitué aux montages patrimoniaux. C’est là que les travaux de recherche rendent un service très concret à l’étudiant en BTS immobilier : ils remplacent une intuition par une mesure.

2. L’étude ESPI2R et ADIL du Var : méthode et résultats

Le point de départ de cet article est une publication récente du laboratoire de recherche de l’ESPI. Elle mérite d’être présentée avec précision, y compris dans ses limites.

2.1 Un partenariat entre un laboratoire et un acteur de terrain

L’étude « Portrait des propriétaires bailleurs de logements locatifs privés du Var » a été publiée en octobre 2025 dans les Cahiers ESPI2R (numéro 21). Elle associe l’agence départementale d’information sur le logement du Var (ADIL83) et ESPI2R, l’unité de recherche de l’École supérieure des professions immobilières, qui s’appuie sur une quarantaine d’enseignants-chercheurs.

Cette association est intéressante en soi. L’ADIL apporte sa connaissance juridique du logement et du territoire, le laboratoire apporte le traitement statistique et l’analyse économique. Le rapport le dit lui-même : l’objectif est de répondre à des questions simples, « qui possède quoi, où, et combien ? ».

2.2 Les fichiers fonciers, une source qu’il faut savoir lire

L’étude repose sur l’exploitation des fichiers fonciers 2024 diffusés par le Cerema, issus des données fiscales sur la propriété. Pour éviter les doublons, les auteurs n’ont retenu que le premier propriétaire, celui qui est redevable de la taxe foncière. Ils se sont concentrés sur deux catégories de bailleurs : les personnes physiques et les sociétés civiles immobilières, qui sont aussi les cibles des aides à la rénovation.

Les résultats sont ensuite déclinés selon deux grilles : les intercommunalités du département, et la grille communale de densité proposée par Eurostat, qui classe les communes en sept niveaux, des grands centres urbains au rural à habitat très dispersé. Ce détail de méthode a son importance : il permet de comparer un centre-ville dense et une zone rurale avec le même instrument.

2.3 Pourquoi le Var, et ce qu’on peut en retenir depuis Lille

Le Var n’est pas le Nord. Son marché est marqué par le tourisme, les résidences secondaires et un littoral très recherché. Il serait donc faux de plaquer ses chiffres sur la métropole lilloise, et cet article ne le fera pas : aucune donnée de l’étude ne décrit Lille, Roubaix ou Villeneuve-d’Ascq.

En revanche, deux choses sont transposables. La première est la méthode : un étudiant de BTS immobilier qui comprend comment on construit un portrait des bailleurs à partir de données fiscales sait aussi lire une étude comparable sur son propre territoire. La seconde est l’ordre de grandeur des écarts avec la moyenne nationale, que le rapport documente systématiquement, ce qui aide à situer un territoire par rapport à la France entière.

Entrons dans les résultats. Tous les chiffres de cette partie proviennent du rapport ESPI2R et ADIL83 et concernent le département du Var.

2.4 Des personnes physiques largement majoritaires

Dans le Var, 88 % des propriétaires bailleurs du parc locatif privé sont des personnes physiques en 2024, contre environ 90 % à l’échelle nationale. Les sociétés civiles immobilières représentent 12 % des détenteurs, au-dessus de la moyenne nationale de 10 %. Les investisseurs professionnels pèsent environ 2 %.

En volume, les personnes physiques détiennent 127 786 logements locatifs privés, contre 22 806 pour les SCI. La part des SCI varie fortement selon les territoires : elle atteint 18,1 % dans l’intercommunalité du Golfe de Saint-Tropez et, comme l’a relevé l’ESPI dans sa rubrique « Le chiffre de la semaine », 31,7 % des propriétaires bailleurs du parc locatif privé de Saint-Tropez passent par une SCI.

Pour un futur diplômé de BTS immobilier, le message est clair : la grande majorité des mandats viendront de particuliers, pas d’institutionnels.

2.5 Un seul logement loué pour la plupart des bailleurs

Le Var compte plus de 76 000 bailleurs monopropriétaires, soit 76,5 % du total, contre 68 % pour la France selon l’ANIL. Les propriétaires y possèdent en moyenne 1,5 bien locatif, contre 1,8 au niveau national.

Même parmi les multipropriétaires, les patrimoines restent modestes : 56 % d’entre eux ne détiennent que deux logements, à peine un quart en possède quatre ou plus, et seuls 4 % disposent d’au moins huit logements. Les auteurs concluent que la plupart restent « de petits détenteurs en volume ».

Ce constat compte pour la pratique : un bailleur qui ne gère qu’un logement n’a ni l’habitude des procédures, ni le recul d’un investisseur aguerri. Il attend un accompagnement plus pédagogique.

2.6 Une concentration plus forte dans les villes denses

Le tableau change quand on regarde non plus les bailleurs, mais les logements. Dans les grands centres urbains du département, les multipropriétaires ne représentent que 18,9 % des bailleurs mais détiennent 41,7 % des logements locatifs privés. Dans la Métropole Toulon Provence Méditerranée, 21 % de multipropriétaires détiennent 46 % des logements.

Autrement dit, en ville, un petit nombre de bailleurs pèse lourd dans l’offre. Pour une agence urbaine, cela signifie que quelques clients peuvent représenter une part importante du portefeuille géré, ce qui renforce l’enjeu de la relation de confiance avec eux.

2.7 Des bailleurs nettement plus âgés que la moyenne

C’est l’un des résultats les plus marquants. L’âge médian des bailleurs personnes physiques varois est de 62 ans, l’âge moyen de 62,7 ans, contre un âge moyen national de 57 ans selon l’ANIL. Les plus de 65 ans représentent 42 % des bailleurs du Var, contre 29 % à l’échelle nationale, et 23 % ont plus de 75 ans. À l’inverse, les moins de 45 ans ne pèsent que 18 %.

Détail intéressant pour qui se destine à travailler en ville : dans les grands centres urbains du Var, l’âge moyen est un peu plus bas (60,9 ans), mais la part des bailleurs de 75 ans et plus y atteint 33 %. Les propriétaires de maisons sont par ailleurs en moyenne plus âgés de six ans que ceux qui détiennent des appartements.

2.8 Origine géographique et caractéristiques des logements

La majorité des bailleurs sont des locaux : 67,6 % des propriétaires bailleurs personnes physiques résident dans le Var, et 18 % vivent ailleurs en France métropolitaine, hors région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ces bailleurs « à distance » sont plus nombreux sur le littoral, là où les prix et la part de résidences secondaires sont élevés.

Côté biens, la surface moyenne des logements loués est de 58 m², et 49 % des logements détenus par des personnes physiques comptent deux pièces ou moins. Les SCI détiennent systématiquement des logements un peu plus grands. Les petites surfaces dominent dans les zones urbaines, ce qui annonce, pour le titulaire d’un BTS immobilier, un métier de gestion fait de nombreux studios et deux-pièces, avec une rotation de locataires souvent soutenue.

3. Le regard national : ce que disent l’Insee et l’ANIL

Une étude départementale gagne à être lue à côté des données nationales. Deux publications de 2025 permettent ce recul, et l’une d’elles dit quelques mots du Nord.

3.1 Un tiers des propriétaires possède au moins deux logements

L’Insee a publié en avril 2025 une étude intitulée « Un tiers des propriétaires possède deux logements ou plus », fondée sur la base de la propriété foncière 2022. En France hors Mayotte, 27,6 millions de personnes sont propriétaires d’au moins un logement du parc privé. Parmi elles, 9,7 millions possèdent au moins deux logements : ce sont les multipropriétaires, soit environ 35 % des propriétaires.

Ce chiffre porte sur tous les propriétaires, y compris ceux qui occupent simplement leur résidence principale. Il ne contredit donc pas l’étude varoise, qui ne porte que sur les bailleurs. Savoir distinguer ces deux champs fait partie des réflexes à acquérir en BTS immobilier quand on lit une statistique.

3.2 Une forte concentration des logements loués

Les multipropriétaires détiennent ensemble deux logements sur trois du parc privé. Six multipropriétaires sur dix ne possèdent que deux logements, tandis que 3 % en détiennent dix ou plus. Surtout, l’Insee relève que, parmi les logements détenus par des particuliers, la moitié des biens loués appartiennent à au moins une personne propriétaire de cinq logements ou plus, alors que ces dernières ne représentent que 4 % des propriétaires.

Hors résidence principale, les logements des multipropriétaires sont le plus souvent loués (57 %), les autres se partageant entre résidences secondaires (23 %) et logements vacants (20 %). Parmi les 2,1 millions de logements vacants détenus par un multipropriétaire, 55 % le sont depuis plus d’un an.

3.3 Âge, niveau de vie et proximité

La multipropriété augmente avec l’âge jusqu’à un pic autour de la soixantaine : trois personnes sur dix âgées de 55 à 65 ans sont multipropriétaires. Le niveau de vie médian des multipropriétaires est supérieur d’un quart à celui des monopropriétaires, 30 700 euros contre 25 000 euros.

Un résultat rejoint directement l’étude varoise : les multipropriétaires habitent souvent près des biens qu’ils louent, puisque les deux tiers de ces biens sont situés dans leur département de résidence. L’Insee relève aussi qu’environ 660 000 logements appartiennent à des propriétaires résidant à l’étranger, dont 9 % à des résidents de Belgique. Ce chiffre est national, mais il rappelle qu’un gestionnaire d’une métropole frontalière peut avoir des clients installés de l’autre côté de la frontière.

3.4 Le Nord, un département de faible multipropriété

L’étude de l’Insee cartographie la part de multipropriétaires parmi les personnes de 25 ans ou plus, département par département. Elle indique que le Nord, le Pas-de-Calais et l’Aisne comptent une faible part de multipropriétaires, moins de 16 %. L’Insee précise que ces écarts tiennent en partie aux niveaux de vie et aux structures par âge des territoires.

C’est la seule donnée de cet article qui concerne directement le département où se trouve la métropole lilloise. Elle ne dit rien des bailleurs lillois en particulier, mais elle invite à ne pas importer à Lille le cliché du grand investisseur multipropriétaire.

3.5 Le portrait du parc par l’ANIL

L’Agence nationale pour l’information sur le logement a publié en avril 2025, avec le programme Bail Rénov’, une étude intitulée « Connaître les propriétaires du parc locatif privé et leur patrimoine ». Elle décrit un parc très urbain, composé à 73 % de logements collectifs, où 40 % des logements sont des T1 ou T2, soit deux fois plus que dans l’ensemble du parc. La moitié des biens date d’avant la première réglementation thermique.

Côté propriétaires, l’ANIL constate que deux tiers des bailleurs ne possèdent qu’un seul logement, tandis qu’un tiers détient la majorité du parc. Les bailleurs y sont décrits comme généralement âgés et aisés, et investissant le plus souvent dans leur département de résidence. Les monopropriétés, plus fréquentes en zone rurale, concernent souvent des logements anciens hérités, plus exposés à la vacance prolongée.

4. Des profils de bailleurs, des attentes différentes

Les chiffres décrivent une population. Le métier, lui, se joue avec des personnes. Voici quatre grands profils qui se dégagent des données, avec les attentes qu’un gestionnaire peut raisonnablement anticiper. Ces profils sont des repères de lecture, pas des catégories figées.

4.1 Le bailleur d’un seul logement, souvent familial

C’est le cas le plus fréquent, dans le Var comme en France. Il peut s’agir d’un ancien logement familial conservé après un déménagement, d’un appartement hérité ou d’un petit investissement réalisé pour compléter une future retraite.

Ce bailleur loue rarement par métier. Il connaît mal les règles de décence, les diagnostics obligatoires ou les délais de préavis. Ce qu’il attend du gestionnaire, c’est de la clarté : savoir ce qu’il doit faire, combien cela coûte et quels risques il court. Pour lui, un mandat de gestion est avant tout une tranquillité d’esprit.

4.2 Le bailleur âgé, entre revenus et transmission

Avec un âge médian de 62 ans dans le Var et une forte part de plus de 75 ans, une partie notable des bailleurs se trouve à l’âge où l’on pense à la transmission. L’Insee note d’ailleurs que trois multipropriétaires sur dix possèdent au moins un bien en nue-propriété, et que la part des usufruitiers augmente nettement après 65 ans.

Pour le gestionnaire, cela se traduit par des situations très concrètes : un usufruitier qui perçoit les loyers tandis que ses enfants sont nus-propriétaires, un dossier qui passe à des héritiers après un décès, des décisions de travaux à prendre en concertation familiale. Le conseil porte alors autant sur la communication que sur la technique. Certains bailleurs âgés envisagent aussi de céder leur bien en viager, un marché de niche décrit dans notre article sur les compétences que demande le conseil en viager.

4.3 Le multipropriétaire organisé et la SCI

Moins nombreux mais plus présents dans les villes denses, les multipropriétaires et les SCI attendent un autre niveau de service. Ils raisonnent en rendement, en arbitrages entre biens et en fiscalité. Selon l’Insee, 13 % des multipropriétaires détiennent au moins un bien via une SCI.

Le rapport ESPI2R et ADIL83 rappelle qu’une SCI réunit au moins deux associés, que ses statuts fixent les pouvoirs du gérant et que le choix du régime fiscal demande l’avis d’un professionnel du droit ou du chiffre. Pour le gestionnaire, cela signifie identifier le bon interlocuteur, le gérant, et produire des comptes rendus de gestion précis, exploitables par l’expert-comptable de la société.

4.4 Le bailleur à distance

Dans le Var, 18 % des bailleurs personnes physiques vivent ailleurs en France métropolitaine. À l’échelle nationale, un tiers environ des biens loués par des multipropriétaires se trouvent hors de leur département de résidence. Ce bailleur ne peut pas passer à l’agence, ni vérifier lui-même l’état de son logement.

Son attente principale est la confiance à distance : des comptes rendus réguliers, des photos après un état des lieux, une réactivité en cas de sinistre. C’est souvent le client le plus attaché à la qualité du reporting, parce que c’est son seul moyen de savoir ce qui se passe chez lui.

5. Ce que cela change dans la façon de conseiller un bailleur

Connaître ces profils n’a d’intérêt que si cela modifie la pratique. Voici comment ces données se traduisent en gestes professionnels, dès les premiers mois d’alternance en BTS immobilier.

5.1 Adapter la communication au profil

Un même message ne se transmet pas de la même façon à un retraité de 78 ans, à un couple d’actifs pressés et à un gérant de SCI. Le premier appréciera souvent un appel téléphonique et un courrier récapitulatif, le second un message court et un espace client en ligne, le troisième un tableau de suivi précis.

Les données sur l’âge des bailleurs ont ici une conséquence directe : une agence qui ne communique que par application risque de laisser de côté une partie de sa clientèle. Le gestionnaire issu d’un BTS immobilier qui ajuste son canal et son vocabulaire évite bien des incompréhensions, et donc bien des litiges.

5.2 Expliquer la réglementation sans la subir

Le bailleur d’un seul logement découvre souvent la réglementation au moment où elle le contraint. Le rôle du gestionnaire est d’anticiper. Les critères du logement décent, rappelés sur la page Service-Public consacrée au logement à louer décent, en sont un exemple : surface et volume minimaux, absence de risques pour la santé et la sécurité, équipements, performance énergétique minimale.

Dans la métropole lilloise, s’ajoutent des règles locales, comme le permis de louer dans la Métropole Européenne de Lille, en vigueur dans plusieurs communes. Un bailleur installé à Marcq-en-Barœul qui possède un appartement à Roubaix doit savoir si son adresse est concernée avant de signer un nouveau bail. Lui donner l’information avant qu’il ne la découvre, c’est exactement ce que l’on attend d’un professionnel.

5.3 Accompagner la rénovation énergétique

La moitié du parc locatif privé date d’avant la première réglementation thermique, rappelle l’ANIL. Pour beaucoup de bailleurs, le calendrier d’interdiction de location des logements les plus énergivores pose une question difficile : rénover, vendre ou sortir le bien du marché locatif. Le sujet est détaillé dans l’article sur les passoires thermiques et l’interdiction de louer.

Les profils comptent ici aussi. Un bailleur âgé, avec un seul logement ancien, n’arbitre pas comme une SCI qui gère plusieurs biens. Le rôle du gestionnaire n’est pas de décider à sa place, mais de présenter clairement les options, de l’orienter vers les dispositifs d’information comme les ADIL, et de chiffrer l’enjeu en loyers.

5.4 Prévenir la vacance et sécuriser la relation locative

L’ANIL note que les monopropriétés sont plus exposées à la vacance prolongée, et l’Insee relève qu’une majorité des logements vacants de multipropriétaires le sont depuis plus d’un an. Un logement vide, c’est une perte de revenus, mais souvent aussi une dégradation progressive.

Le gestionnaire peut agir sur plusieurs leviers : un loyer cohérent avec le marché, un dossier de diagnostics à jour, une annonce soignée, une sélection rigoureuse des candidats locataires. Il doit aussi savoir expliquer les choix d’usage du bien, par exemple entre location à l’année et location saisonnière, un arbitrage encadré depuis la loi sur les meublés touristiques, dite loi Le Meur.

5.5 Rendre des comptes, la base de la confiance

Quel que soit le profil, la reddition de comptes reste le moment de vérité de la relation. Un relevé de gérance clair, un récapitulatif annuel utile pour la déclaration de revenus fonciers et une explication des écarts de loyer font davantage pour la fidélité d’un client qu’un discours commercial.

Prenons un exemple simple : un bailleur qui vit à Lambersart et qui loue un deux-pièces à Lille reçoit chaque mois un relevé avec le loyer encaissé, les honoraires prélevés et le montant reversé. Si une facture de plombier apparaît sans explication, la confiance s’effrite. Si elle est accompagnée d’une phrase et d’une photo, elle se renforce. Le métier se joue souvent sur ce niveau de détail, et c’est l’un des apprentissages les plus formateurs du BTS immobilier.

6. Apprendre à conseiller les bailleurs en BTS immobilier à Lille

Reste la question qui intéresse directement un futur étudiant : comment acquérir cette compétence pendant la formation.

6.1 Ce que le BTS Professions immobilières apporte

Le BTS immobilier prépare en deux ans aux trois grands métiers réglementés : la transaction, la gestion locative et l’administration de copropriété. Selon la fiche RNCP, il ouvre notamment aux emplois de négociateur ou conseiller en location et vente, de gestionnaire locatif et d’assistant de copropriété.

Le programme couvre le droit des baux d’habitation, les obligations du bailleur et du locataire, la gestion des impayés, la comptabilité de gestion, la fiscalité immobilière de base et la communication professionnelle. Ces enseignements du BTS immobilier sont précisément les briques nécessaires pour comprendre un propriétaire et lui répondre avec justesse.

6.2 Apprendre à lire une étude, une compétence à part entière

Savoir distinguer « propriétaires » et « bailleurs », comprendre ce qu’est un âge médian, repérer le champ d’une statistique : ces réflexes paraissent académiques, ils sont en réalité très professionnels. Un gestionnaire capable d’expliquer à un client ce que disent vraiment les données sur le marché locatif gagne en crédibilité.

C’est l’un des intérêts d’une école qui fait de la recherche. Le groupe ESPI compte une quarantaine d’enseignants-chercheurs, aux côtés de professionnels en activité, une combinaison présentée dans l’article sur le double corps professoral du campus lillois. Les publications des Cahiers ESPI2R, en accès libre, sont autant de ressources pour apprendre à raisonner à partir de faits.

6.3 Alternance ou formation initiale, deux façons de rencontrer les bailleurs

Au campus de Lille, le BTS immobilier se prépare en alternance, sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, ou en formation initiale à l’école, avec cours, travaux pratiques et projets menés avec des entreprises. L’alternance place l’étudiant au contact direct des propriétaires, dans une agence ou un cabinet d’administration de biens, sous la responsabilité d’un professionnel titulaire de la carte.

La formation initiale, elle, permet de travailler ces situations par des mises en situation professionnelle et des études de cas. Dans les deux cas, le terrain est vaste : la métropole lilloise réunit des marchés très différents, entre les quartiers étudiants de Lille, les copropriétés de Villeneuve-d’Ascq, le patrimoine ancien de Roubaix ou les secteurs résidentiels de La Madeleine. Cette diversité de terrain, dans les Hauts-de-France, offre une large palette de bailleurs à rencontrer.

6.4 Après le BTS, continuer à se spécialiser

Le BTS permet d’entrer dans la vie active comme gestionnaire locatif ou assistant de gestion. Ceux qui souhaitent approfondir peuvent poursuivre en Bachelor Gestionnaire d’Affaires Immobilières, puis en diplôme supérieur en immobilier conférant le grade de master, notamment dans la spécialisation Property Manager, Gestion Immobilière (MAGI).

À chaque étape, la relation avec les propriétaires gagne en complexité : portefeuilles plus importants, clients institutionnels, stratégie patrimoniale. Les formations du groupe ESPI sont certifiées Qualiopi, les diplômes enregistrés au RNCP, et le taux d’insertion professionnelle à l’issue de la formation atteint 97 % à l’échelle du groupe.

Questions fréquentes sur les propriétaires bailleurs et le BTS immobilier

Les chiffres de l’étude ESPI2R s’appliquent-ils à Lille ?

Non. L’étude ESPI2R et ADIL83 porte exclusivement sur le département du Var, avec des données issues des fichiers fonciers 2024. Ses chiffres ne décrivent ni Lille ni la métropole. Ce qui se transpose, c’est la méthode et la grille de lecture : distinguer personnes physiques et SCI, monopropriétaires et multipropriétaires, regarder l’âge et l’origine géographique des bailleurs. Pour le Nord, l’Insee indique seulement que la part de multipropriétaires parmi les 25 ans ou plus y est faible, moins de 16 %.

Un étudiant en BTS immobilier travaille-t-il directement avec des bailleurs ?

En alternance, oui, et souvent assez vite. L’alternant en gestion locative participe à la mise en location, aux états des lieux, au suivi des loyers et aux échanges avec les propriétaires. Il agit sous la responsabilité de son tuteur et du titulaire de la carte professionnelle de la structure, qui reste responsable du mandat. En formation initiale, la relation avec le bailleur se travaille par des cas pratiques et des mises en situation professionnelle.

Quelle différence pour le gestionnaire entre un bailleur en nom propre et une SCI ?

Avec un bailleur en nom propre, l’interlocuteur est le propriétaire lui-même, ou ses héritiers et usufruitiers selon les cas. Avec une SCI, le propriétaire est la société : le gestionnaire traite avec son gérant, désigné par les statuts, et doit parfois tenir compte de décisions collectives des associés. Les comptes rendus de gestion doivent alors être exploitables par l’expert-comptable de la société. Le régime fiscal de la SCI n’est pas du ressort du gestionnaire, qui oriente vers un professionnel du droit ou du chiffre.

Pourquoi les propriétaires bailleurs sont-ils souvent âgés ?

Parce que la constitution d’un patrimoine prend du temps. L’Insee montre que la multipropriété progresse avec l’âge jusqu’à un pic autour de 55 à 65 ans, puis recule ensuite, notamment avec les donations. Dans le Var, l’âge médian des bailleurs personnes physiques atteint 62 ans et 42 % ont plus de 65 ans, contre 29 % au niveau national selon l’ANIL. Pour un gestionnaire, cela implique d’adapter sa communication et d’être à l’aise avec les questions de succession et d’usufruit.

Les propriétaires bailleurs sont-ils surtout de gros investisseurs ?

Pas en nombre. Deux tiers des bailleurs ne possèdent qu’un seul logement selon l’ANIL, et dans le Var 76,5 % sont monopropriétaires. En revanche, une minorité de multipropriétaires détient une part importante des logements, surtout en ville : l’Insee indique que la moitié des biens loués par des particuliers appartiennent à des propriétaires de cinq logements ou plus. Un portefeuille de gestion mélange donc souvent beaucoup de petits bailleurs et quelques clients importants.

Faut-il maîtriser la fiscalité pour conseiller un bailleur ?

Il faut en connaître les bases : revenus fonciers, location nue ou meublée, documents annuels utiles à la déclaration. Le BTS immobilier en donne les fondements. Le gestionnaire n’est en revanche ni conseiller fiscal ni notaire : pour un montage en SCI, une donation ou une optimisation, il oriente vers le professionnel compétent. Savoir où s’arrête son rôle fait aussi partie du conseil.

Où trouver des données fiables sur les bailleurs de son territoire ?

Plusieurs sources publiques existent. L’Insee publie des études nationales et départementales sur la propriété. L’ANIL et le réseau des ADIL, présentes dans de nombreux départements dont le Nord, diffusent des analyses et répondent gratuitement aux questions juridiques des bailleurs. Les observatoires locaux des loyers donnent des repères de prix. Les Cahiers ESPI2R, en accès libre, montrent comment construire un portrait à partir des fichiers fonciers.

La gestion locative est-elle un bon débouché après un BTS immobilier ?

C’est l’un des débouchés directs du diplôme, cité dans la fiche RNCP du BTS Professions immobilières. Le métier suppose de la rigueur, de la disponibilité et un vrai goût pour la relation client, puisque l’essentiel du travail consiste à accompagner des propriétaires et des locataires. Les profils variés des bailleurs en font un métier où l’on apprend en permanence.

Pour conclure

Les propriétaires bailleurs ne ressemblent pas au cliché du grand investisseur. L’étude ESPI2R et ADIL du Var montre un parc locatif privé tenu à 88 % par des particuliers, dont plus des trois quarts ne louent qu’un seul logement, avec un âge médian de 62 ans et une forte majorité de bailleurs locaux. Les données nationales de l’Insee et de l’ANIL confirment les grandes lignes : beaucoup de petits bailleurs, une concentration des logements chez une minorité de multipropriétaires, une proximité fréquente entre le propriétaire et son bien. Pour le Nord, l’Insee relève une faible part de multipropriétaires.

Pour un futur gestionnaire, ces chiffres ont une traduction très pratique : adapter sa communication à l’âge et au profil du client, anticiper la réglementation à sa place, l’accompagner dans les choix de rénovation et lui rendre des comptes irréprochables. C’est ce que le BTS immobilier prépare à faire, et ce que la recherche aide à faire mieux.

Si la gestion locative vous attire et que vous souhaitez découvrir la formation au campus ESPI Lille, en alternance ou en formation initiale, Contactez-nous pour échanger avec l’équipe et poser toutes vos questions sur le BTS Professions immobilières.

ESPI Lille
8 Rue de Tournai, 59800 Lille
07 48 10 65 47
ESPI Lille