BTS immobilier : passoires thermiques et interdiction de louer, ce que tout futur pro doit maîtriser en 2026

Si vous préparez un BTS immobilier ou si vous hésitez encore à vous lancer, il y a un sujet que vous ne pourrez pas contourner : les passoires thermiques et l’interdiction progressive de les louer. Cet article fait le point, étape par étape. Vous verrez d’abord où en est réellement le droit en août 2026, avec le calendrier issu de la loi Climat et Résilience et le statut exact du projet de loi Relance logement, voté au Sénat mais pas encore adopté. Nous détaillerons ensuite les évolutions du calcul du DPE entrées en vigueur au 1er janvier 2026, puis les conséquences concrètes du sujet sur trois métiers : le gestionnaire locatif, le négociateur en transaction et le syndic de copropriété. Un chapitre sera consacré au parc ancien de la métropole lilloise, particulièrement exposé. Le dernier abordera les compétences attendues et la façon dont un cursus comme le BTS Professions Immobilières les construit. Une FAQ répondra enfin aux questions que se posent les candidats et les jeunes diplômés.
1. Passoires thermiques et interdiction de louer : où en est le droit en août 2026
Commencer par le droit en vigueur, et non par les annonces, est le premier réflexe professionnel à acquérir. Sur ce dossier, l’écart entre ce qui circule et ce qui s’applique réellement est considérable.
1.1 Le critère de décence énergétique, la vraie clé de lecture
Beaucoup parlent d’une « interdiction de louer ». Juridiquement, le mécanisme est plus subtil, et le comprendre vous distinguera immédiatement en entretien, que vous prépariez un BTS immobilier ou que vous cherchiez un contrat en alternance. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 n’a pas créé une interdiction autonome : elle a ajouté un critère de performance énergétique minimale à la définition du logement décent, posée par l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989.
Conséquence pratique : un logement trop énergivore n’est pas « illégal », il est non décent. Le bailleur ne respecte donc pas son obligation de délivrance. Comme le rappelle l’Agence nationale pour l’information sur le logement sur la performance énergétique et la décence, le locataire peut alors demander la mise en conformité par lettre recommandée, saisir la commission départementale de conciliation après deux mois sans réponse, puis le juge. Celui-ci peut ordonner les travaux, réduire le loyer, voire accorder des dommages et intérêts.
Ce point compte énormément pour un futur gestionnaire. Le risque n’est pas une amende administrative qui tomberait automatiquement : c’est un contentieux locatif, engagé par un locataire mécontent, avec un loyer qui peut être réduit rétroactivement.
1.2 Le calendrier en vigueur : G, F, puis E
La première marche a été franchie le 1er janvier 2023 avec un plafond de consommation fixé à 450 kilowattheures d’énergie finale par mètre carré et par an, issu du décret n° 2021-19. Depuis, le législateur raisonne en classes DPE.
D’après le ministère de la Transition écologique, qui documente précisément la location et le gel des loyers des passoires énergétiques, le calendrier applicable en France métropolitaine est le suivant :
- 1er janvier 2025 : le logement doit être classé au minimum F. Les logements classés G ne peuvent donc plus être proposés à la location.
- 1er janvier 2028 : classe E minimale exigée. Les logements classés F sortiront à leur tour du marché locatif.
- 1er janvier 2034 : classe D minimale exigée. Les logements classés E seront concernés.
En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le calendrier est décalé : classe F minimale au 1er janvier 2028, classe E minimale au 1er janvier 2031.
Un détail que les candidats oublient souvent, et qui fait la différence : ces seuils s’appliquent aux nouveaux contrats, aux contrats renouvelés et aux contrats tacitement reconduits. Un bail en cours signé avant l’échéance n’est pas rompu du jour au lendemain. Le sujet ne concerne ni les résidences secondaires, ni les propriétaires occupants.
1.3 Le gel des loyers, en vigueur depuis quatre ans
Autre mesure souvent sous-estimée : depuis le 24 août 2022, un bailleur ne peut plus augmenter le loyer d’un logement classé F ou G. Cette règle vise l’indexation annuelle prévue par la clause de révision, la hausse entre deux locataires, la fixation du loyer d’un nouveau bail et le renouvellement du contrat. Elle s’applique au parc locatif privé, en vide comme en meublé, et laisse de côté les locations saisonnières.
Pour un gestionnaire, cela signifie qu’un portefeuille mal classé perd mécaniquement du rendement chaque année, puisque le loyer reste figé pendant que les charges progressent. C’est souvent cet argument financier, plus que la contrainte réglementaire, qui décide un bailleur à engager des travaux.
1.4 Le projet de loi Relance logement : voté au Sénat, pas encore une loi
Voici le point sur lequel un futur professionnel doit être irréprochable. Un projet de loi « visant la relance et la décentralisation du logement » a été déposé au Sénat le 25 juin 2026, avec engagement de la procédure accélérée. Le Sénat l’a adopté en première lecture le 8 juillet 2026, et le texte a été transmis à l’Assemblée nationale le 9 juillet 2026. Son article 6 rouvrirait la location de logements classés F ou G aux bailleurs qui s’engagent dans une rénovation énergétique.
Le dossier législatif du Sénat est formel sur l’état d’avancement : le texte est en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Il n’est donc ni définitivement adopté, ni promulgué. À la date de publication de cet article, les assouplissements annoncés n’existent pas en droit, et le calendrier décrit plus haut demeure celui qui s’applique.
Retenez la posture : un professionnel de l’immobilier ne conseille jamais un client sur la base d’un texte en navette parlementaire. Il informe de l’existence du débat, il ne le présente pas comme acquis. Cette rigueur est exactement ce qu’un employeur attend d’un diplômé.
2. Le DPE a changé en 2026 : savoir lire une étiquette sans se tromper
Le diagnostic de performance énergétique est devenu l’outil central de la relation client. Or il a évolué deux fois en deux ans, et un diplômé qui ignore ces changements donnera des conseils faux. Savoir décoder une étiquette fait aujourd’hui partie du socle d’un BTS immobilier.
2.1 Le coefficient de l’électricité abaissé à 1,9
Changement majeur : depuis le 1er janvier 2026, le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, en cohérence avec la valeur européenne actualisée. Cette modification résulte de l’arrêté du 13 août 2025 publié au Journal officiel.
Les conséquences sont considérables. Le ministère de la Transition écologique, qui a annoncé cette évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026, précise qu’aucun logement ne verra son étiquette baisser du fait de ce changement. Selon les chiffres publiés par le gouvernement sur ce nouveau DPE au 1er janvier 2026, le passage de 2,3 à 1,9 fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique, principalement des logements chauffés à l’électricité, sur les 4,8 millions de passoires que comptait le parc de résidences principales au 1er janvier 2023.
Traduction métier : un même logement, non modifié physiquement, peut avoir quitté la classe G. Le calcul a changé, pas le bâtiment. Un gestionnaire compétent identifie donc dans son portefeuille les logements chauffés à l’électricité classés F ou G avant 2026 et vérifie s’ils bénéficient d’un nouvel étiquetage. Les DPE réalisés avant cette date restent valables, mais peuvent être mis à jour gratuitement lorsque l’étiquette s’améliore.
2.2 Petites surfaces et DPE collectif
Deux autres ajustements complètent le tableau. Depuis le 1er juillet 2024, les appartements de moins de 40 m² bénéficient de seuils adaptés : le mode de calcul pénalisait mécaniquement les petits logements, dont la production d’eau chaude sanitaire pèse davantage rapportée à la surface. Le ministère indique que cette correction a fait sortir environ 140 000 logements du statut de passoire, avec des étiquettes rectificatives téléchargeables gratuitement sur l’observatoire de l’ADEME.
En parallèle, le DPE à l’échelle de l’immeuble se généralise dans l’habitat collectif : il concerne depuis le 1er janvier 2024 les bâtiments en monopropriété et les copropriétés de plus de 200 lots, depuis le 1er janvier 2025 celles de 50 à 200 lots, et depuis le 1er janvier 2026 celles de 50 lots au plus. C’est le gestionnaire de copropriété qui porte ce dossier au quotidien, un métier détaillé dans notre article sur le gestionnaire de copropriété, débouché du BTS Profession Immobilière à Lille.
2.3 Validité, fiabilité et QR code
Un DPE établi depuis le 1er juillet 2021 reste valable dix ans. Les diagnostics réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré le 1er janvier 2025. La fiche officielle sur le diagnostic de performance énergétique détaille également les mesures de fiabilisation récentes : un QR code figure désormais sur les rapports, permettant de vérifier la validité du diagnostic auprès de l’ADEME, ainsi que sur l’attestation du diagnostiqueur, pour contrôler sa certification.
Savoir vérifier un DPE avant de le transmettre à un client relève du devoir de conseil, au même titre que les obligations issues de la loi Hoguet que tout titulaire d’un BTS immobilier apprend à manier.
3. Gestion locative : le métier qui bouge le plus vite
C’est en gestion locative que la réglementation énergétique se traduit le plus directement en gestes quotidiens. C’est aussi le premier poste accessible avec un BTS immobilier, et un employeur qui recrute un jeune diplômé attend une chose : qu’il sache anticiper.
3.1 Cartographier un portefeuille avant qu’il ne se bloque
La première mission concrète confiée à un gestionnaire junior consiste souvent à trier. Combien de logements classés F dans le portefeuille ? Quelle date d’échéance pour chaque bail ? Lesquels arriveront à renouvellement après le 1er janvier 2028 ? Ce travail, réalisé avec plus de dix-huit mois d’avance, évite la mise en demeure et la vacance subie.
Un exemple parlant : un bailleur possédant trois logements classés F à Roubaix, dans une maison de ville en brique divisée, dispose aujourd’hui d’une marge de manœuvre confortable. S’il attend l’automne 2027, il affrontera un marché d’artisans saturé et des délais qui le mettront hors des clous. Le gestionnaire qui déclenche cette conversation en 2026 rend un service que le bailleur mesure très vite.
3.2 Conseiller sans se substituer au technicien
La difficulté du métier tient dans cette frontière. Le gestionnaire n’est ni thermicien, ni diagnostiqueur, ni entrepreneur. Sa valeur ajoutée consiste à traduire une contrainte juridique en décision patrimoniale : faut-il rénover, vendre, ou changer d’usage ?
Ce raisonnement mobilise des compétences croisées : lecture du DPE, estimation du reste à charge après aides, projection du loyer après travaux, comparaison avec une vente en l’état assortie d’une décote. C’est précisément la logique développée dans notre article sur les nouvelles obligations énergétiques et le ZAN, qui transforment le métier en profondeur.
3.3 Gérer la relation locataire quand le logement est en cause
Un locataire de Lomme qui découvre que son logement est classé G et conteste sa décence ne cherche pas un affrontement : il cherche une réponse. Un gestionnaire formé sait recevoir la réclamation, vérifier la classe réelle, informer le bailleur de son exposition et proposer un calendrier. Un gestionnaire non formé laisse la situation s’envenimer jusqu’à la conciliation.
Cette dimension humaine explique pourquoi les recruteurs valorisent autant la maîtrise réglementaire que la capacité à expliquer calmement une règle complexe à quelqu’un qui la subit.
4. Transaction : audit énergétique, valeur verte et devoir de conseil
Le négociateur n’échappe pas au sujet, et c’est l’autre grande voie ouverte par un BTS immobilier. La performance énergétique s’est installée dans la négociation elle-même, au même rang que la surface ou l’emplacement.
4.1 L’audit énergétique obligatoire à la vente
Depuis le 1er avril 2023, la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété à usage d’habitation classé F ou G impose la remise d’un audit énergétique réglementaire. Cette obligation s’est étendue aux biens classés E le 1er janvier 2025, et concernera les biens classés D à compter du 1er janvier 2034.
La fiche officielle relative à l’audit énergétique en cas de vente d’un bien dit « passoire thermique » précise son contenu : estimation de la performance avant travaux, propositions de travaux en une ou plusieurs étapes, performance atteinte après travaux, coût estimé et aides mobilisables, conditions d’aération. Sa validité est de cinq ans, et il doit être remis dès la promesse de vente.
4.2 La valeur verte : ce que montrent les données notariales
L’étiquette énergétique se lit désormais dans le prix. Les Notaires de France publient chaque année une étude de référence sur la valeur verte des logements en France. Le constat pour 2024 est net : les logements performants se vendent plus cher, les logements très énergivores se vendent moins cher, avec des dynamiques territoriales contrastées.
L’étude documente aussi un mouvement de marché intéressant. La part des ventes de logements anciens très énergivores, classés F ou G, est passée de 11 % à 17 % entre 2021 et 2023, avant de refluer en 2024 et de se stabiliser autour de 15 % début 2025. Autrement dit, des propriétaires ont anticipé l’échéance en vendant, puis le flux s’est tassé.
Un négociateur junior doit savoir citer ces ordres de grandeur avec prudence, en renvoyant à la source, plutôt que d’avancer un pourcentage de décote entendu ailleurs. Annoncer un chiffre faux à un vendeur, c’est perdre un mandat.
4.3 Le devoir de conseil, avant même le mandat
Le vrai travail commence à l’estimation. Faut-il conseiller au vendeur de rénover avant de vendre, ou de vendre en l’état avec une décote assumée ? La réponse dépend de la trésorerie du vendeur, du délai qu’il accepte, de la faisabilité technique et de l’appétit des acquéreurs locaux pour les travaux.
Sur un secteur comme Faches-Thumesnil, où le pavillonnaire d’après-guerre côtoie des constructions récentes, cette question se pose presque à chaque mandat. Le négociateur qui la traite avec méthode signe. Celui qui l’élude voit son mandat expirer. Comprendre ces différences de posture selon le métier exercé fait partie des repères que donne l’article sur les différences entre une agence, un promoteur et un syndic.
5. Syndic et copropriété : DPE collectif, plan de travaux et financement
Le troisième front, le plus lourd, se joue en copropriété : un appartement classé F dans un immeuble mal isolé ne se rénove pas seul, il dépend d’une assemblée générale. C’est le débouché le moins connu d’un BTS immobilier, et souvent le plus demandeur.
5.1 Le plan pluriannuel de travaux, désormais généralisé
Le plan pluriannuel de travaux organise sur dix ans les travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble, à l’entretien des parties communes et à l’amélioration de la performance énergétique. La fiche officielle consacrée au plan pluriannuel de travaux mis en place dans les copropriétés en précise le régime.
L’obligation est montée en charge par paliers : copropriétés de plus de 200 lots depuis le 1er janvier 2023, copropriétés de 51 à 200 lots depuis le 1er janvier 2024, copropriétés de moins de 51 lots depuis le 1er janvier 2025. Depuis cette dernière date, elle vise l’ensemble des immeubles à usage d’habitation de plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots.
Le projet de plan doit être élaboré par un professionnel qualifié (bureau d’études, architecte, thermicien) et présenté à la première assemblée générale suivant son achèvement. Une fois adopté à la majorité absolue, il est financé par le fonds de travaux, alimenté par chaque copropriétaire, et il est actualisé tous les dix ans.
5.2 Financer : MaPrimeRénov’ et éco-prêt à taux zéro
Un syndic n’est pas un financeur, mais il doit connaître les leviers pour construire une résolution votable. Le portail officiel recensant les aides à la rénovation énergétique tient à jour les dispositifs, et c’est là qu’il faut vérifier, car ils bougent souvent : le guichet MaPrimeRénov’ a rouvert le 23 février 2026 pour l’ensemble des ménages et des parcours, et depuis le 1er janvier 2026 l’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus financées.
L’éco-prêt à taux zéro complète le financement, jusqu’à 50 000 euros, pour des logements achevés depuis au moins deux ans et affectés à la résidence principale, à condition de faire appel à un professionnel RGE. Il se cumule avec MaPrimeRénov’ pour couvrir le reste à charge.
Un conseil de méthode, valable pour tout étudiant en BTS immobilier : ne mémorisez jamais un barème d’aide. Mémorisez l’adresse officielle où le vérifier le jour où le client pose la question.
5.3 Faire voter : la compétence la plus rare
Techniquement, tout est écrit. Humainement, rien n’est joué. Faire adopter un ravalement avec isolation par l’extérieur dans une copropriété où cohabitent des propriétaires occupants âgés, des bailleurs sous contrainte de décence et des primo-accédants endettés relève de la négociation collective.
Un gestionnaire de copropriété qui sait présenter un scénario chiffré, articuler le calendrier réglementaire de chaque catégorie de copropriétaires et proposer un phasage réaliste devient très vite indispensable. Ces profils manquent, et c’est l’un des ressorts de la demande décrite dans notre panorama des métiers nés de la transition énergétique.
6. La métropole lilloise face à la contrainte énergétique
La question ne se pose pas de la même façon partout. Elle prend une intensité particulière dans un territoire dont l’identité bâtie est ancienne.
6.1 Un parc ancien, dense, et largement en brique
La Métropole Européenne de Lille se caractérise par un habitat ancien abondant : maisons de ville en brique, courées, immeubles de rapport, anciens logements ouvriers. Ce bâti a des qualités réelles (inertie, compacité, mitoyenneté qui limite les déperditions) mais il a été conçu avant toute réglementation thermique.
Une précision de rigueur : il n’existe pas de chiffre local de passoires thermiques que nous puissions citer ici avec la certitude d’une source publique à jour. Nous nous en tiendrons donc au constat qualitatif, ce qui est déjà la bonne posture professionnelle. Un négociateur qui invente une statistique locale se décrédibilise dès qu’un client la vérifie.
6.2 Roubaix, Lomme, Faches-Thumesnil : trois terrains, trois logiques
La diversité des situations rend le territoire formateur. À Roubaix, le tissu ancien issu de l’histoire textile concentre des logements dont la rénovation suppose de composer avec le patrimoine bâti et des budgets contraints. À Lomme, le mélange de logements collectifs et de maisons individuelles pose des questions différentes selon qu’on est en copropriété ou en propriété unique. À Faches-Thumesnil, le pavillonnaire d’après-guerre relève davantage de la rénovation à la parcelle, avec des arbitrages plus simples à porter.
Un étudiant en BTS immobilier qui circule entre ces trois communes voit en quelques kilomètres l’ensemble des cas de figure qu’il traitera pendant sa carrière. Peu de territoires offrent une telle densité pédagogique.
6.3 S’appuyer sur les ressources des Hauts-de-France
Les ADIL, les espaces conseil France Rénov’ et les dispositifs portés en Hauts-de-France constituent des interlocuteurs que les professionnels sollicitent réellement. Savoir orienter un bailleur vers le bon guichet fait partie du service rendu, et coûte peu de temps pour beaucoup de crédibilité.
7. Se former à ces enjeux : ce que construit le BTS immobilier
Reste la question qui vous intéresse directement : comment acquiert-on tout cela ? La réponse tient moins à la mémorisation d’un calendrier qu’à la construction d’une méthode.
7.1 Un bloc de compétences dédié au changement climatique
Le référentiel du BTS immobilier a intégré cette réalité. La fiche RNCP38380 du BTS Professions immobilières publiée par France compétences organise le diplôme, de niveau 5, autour de quatre blocs de compétences : la conduite du projet immobilier du client en vente ou en location, l’administration des copropriétés et de l’habitat social, le conseil en gestion du bâti dans le contexte de changement climatique, et la construction d’une professionnalité dans l’immobilier.
Le troisième bloc dit tout. La question énergétique n’est pas un chapitre annexe glissé dans un cours de droit : elle constitue un bloc autonome, évalué comme tel. La même fiche rappelle que ces métiers s’exercent dans le cadre de la loi Hoguet du 2 janvier 1970, et ouvre sur des emplois de négociateur, de gestionnaire locatif ou d’assistant de copropriété.
7.2 Alternance ou formation initiale : deux façons d’ancrer la théorie
À l’ESPI, deux voies existent, et aucune ne passe par un dispositif d’observation ponctuel. L’alternance, en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, place l’étudiant en entreprise sur des périodes longues, avec un portefeuille réel et des clients réels. La formation initiale se construit à l’école, par les cours, les travaux pratiques, les projets menés avec des entreprises et des mises en situation professionnelle.
Dans les deux cas, la logique est identique : confronter la règle à un cas concret. Étudier le calendrier de décence énergétique dans un manuel produit une connaissance fragile. L’appliquer à un immeuble existant, avec un DPE réel et un bailleur qui hésite, produit une compétence. Le détail des matières au programme du BTS Professions Immobilières à Lille montre comment cette articulation s’organise sur deux ans.
7.3 Après le BTS immobilier : poursuivre ou entrer dans le métier
Le BTS immobilier permet une entrée directe dans l’emploi, ce que confirme le taux d’insertion professionnelle de 97 % constaté à l’issue des formations du groupe ESPI. Il ouvre aussi une poursuite d’études cohérente : le Bachelor Gestionnaire d’Affaires Immobilières, le Bachelor Immobilier de Luxe, puis le Diplôme Supérieur en Immobilier conférant le grade de master, décliné en trois spécialisations (gestion immobilière, aménagement et promotion, évaluation et finance).
Un point mérite d’être souligné pour les lycéens qui nous lisent : sur un sujet aussi mouvant que la performance énergétique, la formation ne s’arrête pas au diplôme. La carte professionnelle impose une obligation de formation continue tout au long de la carrière. Vous n’apprenez pas un calendrier une fois pour toutes, vous apprenez à suivre un calendrier qui change.
7.4 Ce qu’ESPI Lille apporte sur ce terrain précis
Fondée en 1972, l’ESPI est une école spécialisée exclusivement dans l’immobilier : 14 000 diplômés, 3 000 apprenants, 350 enseignants dont 40 enseignants-chercheurs, neuf campus, une certification Qualiopi et des titres RNCP reconnus par l’État. L’école est également accréditée EFMD Global et membre du RICS et de la FNEP.
Le campus ESPI Lille, installé 8 Rue de Tournai à proximité de la gare Lille-Flandres, s’appuie sur plus de cent partenaires professionnels. Cette spécialisation change la nature des cours : un enseignant qui exerce en gestion locative n’explique pas le critère de décence comme un chapitre de droit, il raconte la mise en demeure reçue le mois précédent et la façon dont elle a été traitée. Si vous voulez confronter ces éléments à vos questions personnelles, contactez ESPI Lille pour en discuter avec l’équipe du campus.
Questions fréquentes sur le BTS immobilier et les passoires thermiques
Un logement classé G est-il vraiment interdit à la location en 2026 ?
Oui, en France métropolitaine. Depuis le 1er janvier 2025, un logement doit être classé au minimum F pour être considéré comme décent. Un logement classé G ne peut donc plus faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite. Attention à la formulation : le droit ne parle pas d’interdiction mais de non-décence, ce qui ouvre au locataire des recours civils (mise en conformité, réduction de loyer, dommages et intérêts) plutôt qu’une sanction administrative automatique.
Le calendrier a-t-il été repoussé par une nouvelle loi ?
Non, pas à la date de publication de cet article. Un projet de loi « relance et décentralisation du logement » prévoyant de rouvrir la location des logements F et G sous condition d’engagement de travaux a été adopté par le Sénat en première lecture le 8 juillet 2026, puis transmis à l’Assemblée nationale. Tant qu’il n’est pas voté par les deux chambres et promulgué, il ne produit aucun effet. Le calendrier issu de la loi Climat et Résilience reste celui qui s’applique.
Pourquoi certains logements sont-ils sortis du statut de passoire sans travaux ?
Parce que le calcul du DPE a changé. Depuis le 1er janvier 2026, le facteur de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore mécaniquement l’étiquette des logements chauffés à l’électricité. Selon les chiffres publiés par le gouvernement, cette évolution fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire. Auparavant, en juillet 2024, l’adaptation des seuils pour les logements de moins de 40 m² avait produit un effet comparable sur environ 140 000 logements.
Quelle différence entre un DPE et un audit énergétique ?
Le DPE est un diagnostic : il photographie la performance du logement et lui attribue une étiquette de A à G. L’audit énergétique va plus loin : il propose des scénarios de travaux chiffrés, en une ou plusieurs étapes, avec la performance atteinte à l’arrivée et les aides mobilisables. L’audit est obligatoire à la vente des maisons individuelles et des immeubles en monopropriété classés F ou G depuis le 1er avril 2023, et classés E depuis le 1er janvier 2025. Sa validité est de cinq ans, contre dix ans pour un DPE.
Faut-il être bon en sciences pour comprendre ces sujets en BTS immobilier ?
Non. Le BTS immobilier ne demande pas de calculer une déperdition thermique : ce travail revient au diagnostiqueur et au bureau d’études. Ce que le diplôme construit, c’est la capacité à lire un DPE, à situer un bien dans un calendrier réglementaire, à chiffrer un reste à charge après aides et à expliquer tout cela à un client. Ce sont des compétences juridiques, économiques et relationnelles avant d’être techniques.
Ce sujet aide-t-il vraiment à trouver un contrat en alternance ?
Il aide, à condition de le maîtriser précisément. Un candidat capable d’expliquer en entretien pourquoi le droit parle de non-décence plutôt que d’interdiction, ou de préciser qu’un texte voté au Sénat n’est pas encore applicable, démontre une rigueur que les recruteurs identifient immédiatement. Les agences et les administrateurs de biens de la métropole lilloise ont un vrai besoin sur ces compétences, et le sujet revient très souvent dans les entretiens de recrutement en alternance.
Où vérifier une information réglementaire quand on est étudiant ?
Toujours à la source. Légifrance pour les textes, service-public.fr pour les fiches pratiques, le site du ministère de la Transition écologique pour les politiques publiques, l’ANIL et les ADIL pour l’analyse juridique du logement, France compétences pour les référentiels de diplômes. Les sites d’actualité immobilière sont utiles pour repérer un sujet, jamais pour le trancher. En cas de contradiction entre une source officielle et un article de presse, la source officielle prime.
Le sujet concerne-t-il aussi les logements meublés et les locations saisonnières ?
Le critère de décence énergétique s’applique aux locations vides comme aux locations meublées à usage de résidence principale, ainsi qu’au bail mobilité et à une partie du parc social et conventionné. Le gel des loyers des logements F et G, en vigueur depuis le 24 août 2022, vise le parc locatif privé en vide et en meublé, mais laisse de côté les locations saisonnières touristiques.
Pour conclure
La réglementation énergétique n’est pas un chapitre de plus à réviser : elle a reconfiguré trois métiers en cinq ans. Le gestionnaire locatif cartographie et anticipe, le négociateur intègre l’étiquette dans son estimation et son conseil, le syndic pilote un plan de travaux et cherche des financements. Le droit en vigueur en août 2026 reste celui de la loi Climat et Résilience : classe G écartée depuis 2025, classe F en 2028, classe E en 2034, avec un projet de loi encore en discussion à l’Assemblée nationale qui ne change rien pour l’instant.
Ce que ce dossier révèle, au fond, c’est la nature réelle du métier. Un professionnel de l’immobilier ne récite pas une règle, il la vérifie, la date, la traduit en décision et l’explique à quelqu’un qui la subit. C’est cette méthode que construit un BTS immobilier sérieux, bien plus que la mémorisation d’un calendrier appelé à bouger encore.
Si ces questions vous intéressent et que vous envisagez un BTS immobilier à Lille, la meilleure façon d’avancer reste d’en parler avec des personnes qui exercent : Contactez-nous pour échanger avec l’équipe du campus, poser vos questions sur l’alternance et vérifier si cette formation correspond à ce que vous cherchez.
ESPI Lille
8 Rue de Tournai, 59800 Lille
07 48 10 65 47
ESPI Lille








