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Le Chiffre de la Semaine : 351

Le Chiffre de la Semaine : 351

Il s’agit du nombre de Data Center recensés en France à la fin 2025, selon le collectif (critique) « Le nuage était sous nos pieds« . Ce nombre est en essor rapide, puisque 59 projets sont en cours de déploiement, dont 9 en construction. L’Etat encourage lui-même ces investissements en proposant 63 sites « clefs en main », souvent issus de la reconversion de sites industriels ou militaires, avec des mesures de raccordement accéléré au réseau électrique et des facilitations d’autorisations industrielles.

Cet effort permet à la France de se positionner à la 5e place mondiale et la 3e en Europe, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, pour ces infrastructures immobilières, un investissement hautement stratégique pour déployer une industrie numérique autonome et répondre aux besoins des outils IA (Courrier International, 2026). Pourtant, cela reste tout relatif, car l’écart est considérable avec les Etats-Unis, largement premiers dans ce domaine (près de 4000 Data Center, 36% du total mondial à eux seuls) et avec la Chine, qui n’a pourtant que 370 Data Centers, mais tous beaucoup plus puissants qu’en Europe, si bien que sa capacité installée vaut déjà le double de l’Europe entière.

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Les enjeux, surtout, sont devenus considérables et d’échelle internationale. En effet, la « course au gigantisme » observée dans de nombreux processus industriels est à l’œuvre, si bien que les projets en cours atteignent désormais des dimensions remarquables : rarement moins de 100 MW, et parfois 200 à 400 MW – soit la consommation électrique d’une ville de 20 000 habitants dans ce dernier cas. La startup française Sesterce prévoit ainsi deux sites, dont l’un à 300 MW pour 1,4 milliards d’euros d’investissement près de Marseille. Entre Lyon et Grenoble, c’est un projet en deux sites totalisant 1GW qui est en cours – soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire – développé par un consortium émirati et irlandais (BSO & DataOne principalement) pour 800 millions d’euros sur chaque centre. En somme, cet investissement immobilier est désormais hors de portée d’un simple acteur local, et repose surtout sur des fonds d’investissement américains, anglais ou autres (Japon, Pays-Bas) avec des processeurs pour l’essentiel venus des Etats-Unis eux aussi. 

Quant au reste : l’infrastructure consomme certes de l’eau pour son refroidissement, même si des circuits fermés et des dispositifs de récupération de chaleur existent et permettent d’amoindrir les impacts. En revanche, la consommation de foncier est significative, et se situe dans une fourchette de 20 à 60 000 m² par site environ, soit 1100 ha pour les seuls sites fléchés par l’Etat, donc doit être prise en compte dans la stratégie nationale de réduction de l’artificialisation des sols.

Enfin, la fourniture en électricité finira par se poser, même si la France est pour l’instant encore exportatrice nette et suffit à son besoin : « la consommation électrique des centres de données pourrait être multipliée par 3,7 en France d’ici 2035″,  selon une étude prospective de l’ADEME (2026). Les demandes en cours correspondent à la création de 7 réacteurs nucléaires supplémentaires. Cet actif demande donc, plus que bien d’autres sans doute, une réflexion élargie en termes d’insertion territoriale et d’accompagnement serviciel.