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BTS immobilier : cartes professionnelles T, G et S, lesquelles obtient-on et à quoi servent-elles ?

Le BTS immobilier revient sans cesse dans les discussions d’orientation avec une promesse floue : il donnerait accès aux fameuses cartes professionnelles. Cet article démonte cette idée reçue pour la remplacer par le mécanisme réel. Vous verrez d’abord pourquoi ces cartes existent, ce que la loi Hoguet de 1970 encadre exactement et pourquoi quatre mentions différentes figurent sur un même document. Nous détaillerons ensuite chaque carte : la carte T pour la transaction, la carte G pour la gestion immobilière, la carte S pour le syndic de copropriété, avec les métiers concrets qui s’exercent derrière chacune. Vous comprendrez surtout la nuance qui change tout : votre diplôme vous apporte l’aptitude professionnelle, une condition parmi quatre, et non la carte elle-même. Nous expliquerons le rôle de l’attestation d’habilitation, ce document méconnu qui constitue le vrai point de départ de la plupart des jeunes diplômés. Enfin, nous verrons comment une carte se maintient dans le temps, avec ses 42 heures de formation obligatoires, et ce que la poursuite d’études change à votre trajectoire dans le bassin lyonnais.
1. Ce que la loi Hoguet encadre vraiment
1.1 Une loi née d’un besoin de protection
L’immobilier fait partie des rares secteurs où l’on manipule l’argent des autres à grande échelle. Un dépôt de garantie, le prix d’une vente, les charges d’une copropriété : ces sommes transitent par des professionnels que le client connaît rarement à l’avance. C’est cette réalité qui a produit la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, encore aujourd’hui le texte de référence.
Son article 1er dresse la liste des activités concernées, et cette liste est plus large qu’on ne l’imagine. Elle vise l’achat, la vente, la recherche, l’échange, la location ou la sous-location d’immeubles bâtis ou non bâtis. Elle couvre aussi la cession de fonds de commerce, l’achat et la vente de parts de sociétés immobilières, la gestion immobilière pour le compte de propriétaires, la vente de listes de biens, les contrats de jouissance à temps partagé et les fonctions de syndic au sens de la loi de 1965 sur la copropriété.
Un point mérite d’être souligné pour bien saisir la logique du texte : la loi s’applique à ceux qui agissent habituellement et pour le compte d’autrui. Vendre son propre appartement à Villeurbanne ne réclame aucune carte. Vendre celui du voisin, contre rémunération et de façon régulière, bascule immédiatement dans le champ réglementé.
1.2 Une carte unique, quatre mentions possibles
L’erreur la plus répandue consiste à imaginer trois cartes distinctes, comme trois badges à collectionner. La réalité est différente : il existe une seule carte professionnelle, sur laquelle figurent une ou plusieurs mentions correspondant aux activités que vous êtes autorisé à exercer.
Le décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, qui fixe les conditions d’application de la loi Hoguet, énumère ces mentions dans son article 1er :
- Transactions sur immeubles et fonds de commerce, que la profession abrège en carte T
- Gestion immobilière, abrégée en carte G
- Syndic de copropriété, abrégée en carte S
- Marchand de listes, activité de vente de fichiers de biens
Les trois premières mentions se cumulent librement sur un même document. Une agence lyonnaise généraliste porte fréquemment les mentions Transaction et Gestion immobilière. Un cabinet d’administration de biens y ajoute la mention Syndic de copropriété. La mention Marchand de listes obéit à une règle à part : elle est exclusive des autres, un choix du législateur qui traduit sa méfiance historique envers cette activité.
1.3 Qui délivre la carte depuis 2015
Longtemps affaire de préfecture, la délivrance de la carte a changé de main. Depuis le 1er juillet 2015, ce sont les chambres de commerce et d’industrie qui en ont la charge, conséquence de la loi ALUR du 24 mars 2014. L’article 3 de la loi Hoguet confie précisément cette compétence au président de la chambre de commerce et d’industrie territoriale.
Concrètement, un futur professionnel installé dans la métropole s’adresse à la CCI compétente sur son ressort géographique. La procédure et les pièces attendues sont détaillées sur le portail officiel des CCI. CCI France tient par ailleurs un fichier national des titulaires de la carte, consultable, qui permet à n’importe quel client de vérifier qu’il a bien affaire à un professionnel en règle.
Ce déplacement vers les CCI n’a rien d’anecdotique pour un étudiant. Il signifie que votre interlocuteur, le jour où vous monterez votre structure à Écully ou à Caluire-et-Cuire, sera une chambre consulaire, pas une administration d’État.
2. La carte T : la transaction, du mandat à la signature
2.1 Le périmètre exact de la mention Transaction
La mention Transactions sur immeubles et fonds de commerce autorise l’entremise dans les opérations d’achat, de vente, de recherche, d’échange et de location. Elle recouvre donc à la fois la vente d’un T3 à la Croix-Rousse et la mise en location d’un studio près du campus de La Doua.
Un détail échappe souvent aux candidats : la carte T couvre également les fonds de commerce. Négocier la cession d’une boulangerie ou d’un restaurant relève de la même mention que la vente d’un appartement. C’est une porte d’entrée vers un métier de niche, moins encombré que la vente résidentielle classique, et que peu de jeunes diplômés envisagent spontanément.
La carte T couvre enfin la location de meublés et la vente de parts de sociétés dont l’actif comprend des immeubles, ce qui explique pourquoi certains montages patrimoniaux relèvent de professionnels titulaires de cette mention.
2.2 Les métiers qui s’exercent sous la carte T
Derrière cette mention se trouve la population la plus visible du secteur. Le négociateur immobilier prospecte, estime, fait visiter, rédige le compromis. Le conseiller en immobilier neuf travaille pour un promoteur et vend sur plan, un exercice mental différent puisque le bien n’existe pas encore. Le chargé de transaction en immobilier d’entreprise commercialise des bureaux et des locaux d’activité, un segment particulièrement actif dans l’est lyonnais, autour de Bron et de Vénissieux.
Le point commun de ces métiers : la rémunération dépend largement des honoraires générés. C’est un modèle qui récompense le travail de terrain et la constance, et qui déstabilise ceux qui attendent un salaire fixe confortable dès la première année.
Un candidat au BTS immobilier gagne à regarder ce mécanisme en face avant de s’engager. La transaction attire par ses perspectives de rémunération, mais elle suppose d’accepter des mois irréguliers, une prospection ingrate et des mandats qui n’aboutissent pas. Ceux qui s’y épanouissent partagent rarement un profil de vendeur agressif : ce sont plutôt des personnes patientes, rigoureuses sur les dossiers et capables de tenir une relation sur plusieurs mois avec des vendeurs indécis.
2.3 Ce que la carte T n’autorise pas
Une carte T ne permet pas d’encaisser des loyers pour le compte d’un propriétaire dans la durée. Elle ne permet pas non plus de convoquer une assemblée générale de copropriété. Ces frontières comptent : dépasser le périmètre de sa mention expose à des sanctions pénales, la loi Hoguet ne se contentant pas d’organiser la profession, elle la sanctionne.
C’est cette étanchéité entre les mentions qui explique la structure des cabinets. Une agence qui veut à la fois vendre et gérer doit demander les deux mentions, avec les garanties correspondantes pour chacune.
3. La carte G : administrer les biens d’autrui
3.1 Ce que recouvre la gestion immobilière
La mention Gestion immobilière vise, selon la loi, la gestion immobilière pour le compte de propriétaires. Traduit en pratique : un bailleur confie son bien à un professionnel qui va s’occuper de tout ce qu’il ne veut pas faire lui-même.
Ce « tout » est plus dense qu’il n’y paraît. Rechercher un locataire, constituer et vérifier son dossier, rédiger le bail, réaliser l’état des lieux, appeler les loyers, reverser les fonds au propriétaire, réviser le loyer, suivre les travaux, gérer les impayés et le contentieux, produire les documents fiscaux annuels. Le gestionnaire manipule des fonds qui ne lui appartiennent pas, ce qui explique la rigueur du dispositif de garantie qui l’entoure.
3.2 Le quotidien du gestionnaire locatif
Le métier de gestionnaire locatif, aussi appelé property manager dans les structures qui gèrent du tertiaire, repose sur un portefeuille. Vous suivez un nombre défini de lots, avec des locataires qui appellent, des propriétaires qui s’inquiètent et des artisans à coordonner.
C’est un métier de dossiers et de relation, où la valeur se joue dans la réactivité et la capacité à désamorcer. Contrairement à la transaction, la rémunération y est majoritairement fixe, ce qui en fait souvent une voie plus lisible pour un jeune diplômé qui veut sécuriser ses premières années. Les cabinets de l’ouest lyonnais, de Tassin-la-Demi-Lune à Champagne-au-Mont-d’Or, recrutent régulièrement sur ces fonctions.
3.3 Pourquoi les mentions T et G se croisent souvent
Un propriétaire qui achète cherche généralement à louer. Une agence qui a vendu un bien à un investisseur a tout intérêt à en récupérer la gestion. Cette logique commerciale explique que les mentions Transaction et Gestion immobilière cohabitent sur la majorité des cartes délivrées.
Pour vous, cela signifie qu’une double compétence a de la valeur. Un profil capable de comprendre une négociation et un compte de gestion se rend utile des deux côtés du cabinet. Certaines situations juridiques mobilisent d’ailleurs les deux univers : les successions et ventes en indivision obligent à articuler droit patrimonial, transaction et gestion des biens concernés.
4. La carte S : le syndic, gouvernance de l’immeuble collectif
4.1 Un mandat encadré par la loi de 1965
La mention Syndic de copropriété autorise à exercer les fonctions de syndic au sens de la loi du 10 juillet 1965. Le syndic est le mandataire du syndicat des copropriétaires : il exécute les décisions votées en assemblée générale, administre l’immeuble, tient la comptabilité, engage les travaux, souscrit les contrats.
Sa position est singulière. Il n’a pas de client unique mais une collectivité de copropriétaires aux intérêts parfois opposés. Il gère un budget voté par d’autres, applique un règlement de copropriété qu’il n’a pas écrit, et rend compte chaque année devant une assemblée qui peut le révoquer.
4.2 Les compétences réellement attendues
Le gestionnaire de copropriété manie la comptabilité, le droit et la technique du bâtiment dans la même journée. Il prépare les budgets prévisionnels, convoque les assemblées, rédige les procès-verbaux, suit les sinistres, pilote les diagnostics et les plans pluriannuels de travaux.
La dimension technique a pris beaucoup de poids avec les obligations de rénovation énergétique. Un gestionnaire doit aujourd’hui savoir lire un diagnostic de performance énergétique, comprendre un audit et accompagner une copropriété dans un projet de travaux lourd, financièrement comme humainement. Cette évolution se lit d’ailleurs dans le référentiel du diplôme, qui consacre un bloc entier au conseil en gestion du bâti dans le contexte du changement climatique.
4.3 Un besoin structurel dans la métropole lyonnaise
Lyon est une ville de copropriétés, avec un parc ancien dense dans les pentes de la Croix-Rousse et le 6e arrondissement, et un parc récent nourri par la construction dans le 7e, le 8e et à Villeurbanne. Chaque immeuble collectif implique un syndic, professionnel ou bénévole.
Le métier souffre d’un déficit d’image auprès des étudiants, qui le jugent ingrat avant même de l’avoir approché. C’est précisément ce qui en fait une opportunité : les cabinets recrutent, forment et font progresser rapidement, parce que la ressource est rare. Un jeune gestionnaire compétent qui tient son portefeuille prend des responsabilités bien plus vite que dans des filières encombrées.
5. Ce que le BTS immobilier ouvre exactement
5.1 Le BTS Professions Immobilières nommé dans le décret
Voici le cœur du sujet. L’article 11 du décret du 20 juillet 1972 énumère les diplômes qui justifient de l’aptitude professionnelle, première condition pour obtenir la carte. Cette liste comprend :
- un diplôme délivré par l’État sanctionnant au moins trois années d’études supérieures après le baccalauréat, dans un domaine juridique, économique ou commercial
- un titre inscrit au RNCP de niveau équivalent, dans les mêmes domaines
- le BTS Professions Immobilières
- le diplôme de l’institut d’études économiques et juridiques appliquées à la construction et à l’habitation
Le fait est notable et mérite d’être mesuré : le BTS immobilier est le seul diplôme de niveau Bac+2 cité nommément dans ce texte. Là où les autres voies exigent trois années après le baccalauréat, le BTS Professions Immobilières est reconnu à Bac+2 en raison de sa spécialisation. C’est la traduction réglementaire d’une réalité pédagogique : ce diplôme a été construit pour ce secteur, et l’État l’a reconnu comme tel.
Le diplôme est enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles sous la fiche RNCP38380, au niveau 5, délivré par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Son référentiel s’organise autour de quatre blocs de compétences : conduire le projet immobilier du client en vente et en location, administrer la copropriété et l’habitat social, conseiller en gestion du bâti dans le contexte du changement climatique, et développer sa professionnalité dans l’immobilier.
Ces quatre blocs recoupent exactement les trois mentions de la carte. Le lien entre le diplôme et la réglementation n’a rien d’un hasard de calendrier : il est construit.
5.2 Aptitude professionnelle n’est pas carte professionnelle
C’est la nuance que les brochures oublient et que vous devez retenir. Le BTS immobilier vous donne l’aptitude professionnelle. Il ne vous donne pas la carte. Pour l’obtenir, selon les règles rappelées par le service public, il faut réunir quatre conditions cumulatives :
- L’aptitude professionnelle, apportée par votre diplôme
- La garantie financière, obligatoire dès lors que vous recevez des fonds pour le compte de tiers, d’un montant minimal de 30 000 € pendant les deux premières années d’exercice, puis de 110 000 € au minimum, et calculée par activité exercée
- L’assurance de responsabilité civile professionnelle, couvrant les dommages corporels, matériels et immatériels
- L’absence d’incapacité ou d’interdiction d’exercer, condition de moralité vérifiée par la CCI
Autrement dit, une carte professionnelle ne se remet pas avec un diplôme. Elle se demande quand on crée ou dirige une structure, avec un dossier, des garanties financières réelles et un assureur derrière soi. Personne ne sort d’un BTS immobilier avec une carte T dans la poche, et toute présentation qui laisse croire le contraire vous induit en erreur.
5.3 Les voies alternatives par l’expérience
Le décret prévoit aussi des chemins sans diplôme spécialisé, utiles à connaître si vous croisez des professionnels au parcours atypique. Un titulaire du baccalauréat, ou d’un titre RNCP de niveau IV, peut justifier de l’aptitude après trois années d’emploi salarié auprès d’un titulaire de la carte, dans les activités concernées. Sans ce diplôme, il faut dix années d’emploi dans les mêmes fonctions, durée ramenée à quatre années pour ceux qui ont occupé un poste de cadre affilié à une caisse de retraite complémentaire.
Le calcul se fait vite. Dix ans d’exercice contre deux ans d’études : c’est l’écart que représente le BTS immobilier pour quelqu’un qui vise l’indépendance. Cette comparaison vaut aussi quand vous mettez en balance le BTS immobilier ou le Bachelor immobilier, deux voies qui mènent à la carte mais avec des rythmes et des ambitions différents.
6. Avant la carte, l’attestation d’habilitation
6.1 Le document qui autorise à travailler dans une agence
Si la carte se demande en montant sa structure, comment font les milliers de négociateurs salariés qui travaillent dans les agences lyonnaises ? La réponse tient dans un document rarement expliqué aux lycéens : l’attestation d’habilitation, aussi appelée attestation collaborateur.
Un négociateur salarié, un collaborateur ou un agent commercial indépendant n’est pas soumis à l’obligation de détenir la carte professionnelle. Il travaille sous celle de son employeur, qui doit lui délivrer une habilitation. La demande passe par le formulaire Cerfa n° 15315-01, déposé auprès de la CCI par le titulaire de la carte. La procédure de demande est décrite sur le site du service public, et l’attestation vaut pour trois ans au maximum, sans pouvoir excéder la validité de la carte de l’employeur.
Exercer sans ce document constitue un délit et expose à des sanctions pénales, civiles et contractuelles. Ce n’est donc pas une formalité de confort : c’est ce qui rend votre activité légale au quotidien.
6.2 Le parcours réaliste après le diplôme
Voilà la trajectoire que suit la grande majorité des diplômés, et elle est bien plus rassurante que l’image du candidat qui devrait tout créer seul :
Vous sortez du BTS immobilier avec l’aptitude professionnelle acquise. Vous rejoignez une agence, un cabinet d’administration de biens ou un promoteur comme négociateur, gestionnaire ou assistant de copropriété. Vous travaillez sous l’attestation d’habilitation délivrée par votre employeur. Vous apprenez le métier avec le filet de sécurité d’une structure établie. Puis, cinq, huit ou dix ans plus tard, si l’envie d’indépendance vient, votre aptitude professionnelle est toujours là, acquise définitivement, et vous demandez votre carte.
L’aptitude ne périme pas. C’est ce qui fait la valeur durable du diplôme : vous obtenez à vingt ans une clé que vous pourrez utiliser à trente-cinq.
6.3 Ce que l’alternance change à l’équation
À ESPI Lyon, le BTS Professions Immobilières se prépare en alternance, en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, ou en formation initiale avec un cursus académique construit autour de cas pratiques et de mises en situation. Le modèle repose sur ces deux voies.
L’alternance présente ici un avantage concret et vérifiable : l’alternant travaille en agence sous l’habilitation de son employeur, et découvre donc de l’intérieur le fonctionnement d’une carte professionnelle, ses obligations et ses contrôles. Le réseau de plus de 100 partenaires professionnels du groupe couvre les cabinets de la métropole, de Lyon centre à Villeurbanne. Le sujet du financement se règle en partie de la même manière, puisque le contrat d’apprentissage transfère le coût de la formation à l’employeur et à son OPCO : nous avons détaillé ces mécanismes dans notre article sur le coût et le financement du BTS immobilier.
7. Faire vivre sa carte dans le temps
7.1 Trois ans de validité et 42 heures de formation
La carte professionnelle est délivrée pour trois ans, renouvelables sans limite. Le renouvellement n’est pas automatique : il est conditionné au respect de l’obligation de formation continue instaurée par la loi ALUR.
Le volume est précis : 42 heures sur trois années consécutives, soit une moyenne de quatorze heures par an. Ces heures portent sur des matières juridiques, économiques et commerciales, sur la déontologie à hauteur de deux heures minimum, et sur des sujets touchant à la construction, à l’habitation, à l’urbanisme et à la transition énergétique. Les collaborateurs habilités sont soumis à la même obligation.
Cette règle dit quelque chose du métier que vous choisissez. L’immobilier est un secteur où la norme bouge en permanence, et où celui qui cesse d’apprendre devient dangereux pour ses clients. La formation continue n’est pas une contrainte administrative surajoutée : c’est la reconnaissance qu’un professionnel de 2026 ne peut pas travailler avec les réflexes de 2016.
Ce point éclaire aussi le sens d’un BTS immobilier. Le diplôme n’est pas un aboutissement mais une base : la réglementation elle-même organise le fait que vous continuerez à vous former tous les ans, pendant toute votre carrière. Les deux années de formation vous apprennent moins un état du droit à un instant donné qu’une méthode pour suivre ses évolutions, lire un texte, identifier ce qui change et mesurer les conséquences pour un client. C’est cette capacité qui tient dans la durée, quand les détails techniques d’une réforme sont déjà remplacés par ceux de la suivante.
7.2 Garantie financière et assurance, les gardiens de la confiance
La garantie financière mérite qu’on s’y arrête, car c’est elle qui protège réellement les clients. Elle est délivrée par une banque ou une société de caution, et couvre les fonds que le professionnel détient pour autrui. Si le titulaire de la carte disparaît avec le dépôt de garantie d’un locataire de Sainte-Foy-lès-Lyon, c’est le garant qui rembourse.
Le seuil monte avec l’ancienneté et se calcule par activité. Un professionnel qui exerce la transaction et la gestion doit donc présenter des garanties pour chacune. Il existe une exception connue : le professionnel qui s’interdit formellement de recevoir des fonds, ce qu’on appelle une carte sans maniement de fonds, échappe à cette obligation, mais restreint d’autant son activité.
L’assurance de responsabilité civile professionnelle complète le dispositif en couvrant les fautes commises dans l’exercice du métier. Une erreur sur une surface annoncée, un défaut de conseil sur un diagnostic : ces incidents ont un coût, et la loi refuse qu’il retombe sur le client.
7.3 Poursuivre après le BTS pour élargir le champ
Le BTS immobilier ouvre les trois mentions et suffit à exercer, à encadrer et à s’installer. Certains métiers exigent toutefois d’aller plus loin. La promotion immobilière, l’expertise, l’asset management et le financement d’opérations réclament un niveau d’analyse que deux années ne permettent pas de construire.
Au campus ESPI Lyon, le parcours se prolonge en Bachelor Gestionnaire d’Affaires Immobilières, puis vers le Diplôme Supérieur en Immobilier conférant le grade de master, avec trois spécialisations : property manager en gestion immobilière, manager en aménagement et promotion immobilière, manager en évaluation et finance immobilière. Ces diplômes de niveau 7 s’adressent à ceux qui visent le pilotage d’opérations plus que la relation client quotidienne.
L’école, fondée en 1972 et certifiée Qualiopi, revendique 97 % d’insertion professionnelle à l’issue de la formation, sur un catalogue exclusivement dédié à l’immobilier. Si le sujet de l’entrée vous occupe déjà, notre guide sur l’admission en BTS immobilier à Lyon détaille le dossier et les attentes.
Questions fréquentes sur le BTS immobilier et les cartes professionnelles
Le BTS immobilier donne-t-il automatiquement la carte T ?
Non, et c’est le malentendu le plus fréquent. Le BTS Professions Immobilières vous apporte l’aptitude professionnelle, qui est l’une des quatre conditions exigées. Il faut y ajouter une garantie financière, une assurance de responsabilité civile professionnelle et l’absence d’incapacité d’exercer, puis déposer un dossier auprès de la CCI. La carte se demande au moment où vous créez ou dirigez une structure, pas à la sortie de l’école.
Peut-on travailler en agence immobilière sans carte professionnelle ?
Oui, et c’est même le cas de la majorité des professionnels. Un négociateur salarié, un collaborateur ou un agent commercial exerce sous la carte de son employeur, grâce à une attestation d’habilitation délivrée par la CCI à la demande du titulaire de la carte. Ce document est obligatoire : travailler sans lui constitue un délit.
Quelle différence entre la carte T, la carte G et la carte S ?
Ce sont trois mentions d’une même carte professionnelle. La mention Transactions sur immeubles et fonds de commerce autorise l’entremise dans les ventes et les locations. La mention Gestion immobilière permet d’administrer des biens pour le compte de propriétaires, notamment la gestion locative. La mention Syndic de copropriété autorise à exercer les fonctions de syndic pour un syndicat de copropriétaires. Elles se cumulent sur un même document.
Combien de temps une carte professionnelle est-elle valable ?
Trois ans, avec un renouvellement possible sans limite. Le renouvellement suppose d’avoir respecté l’obligation de formation continue de 42 heures sur trois années consécutives, dont deux heures minimum de déontologie, imposée par la loi ALUR.
Faut-il un Bac+3 pour obtenir la carte professionnelle ?
Pas nécessairement. Le décret du 20 juillet 1972 exige en principe un diplôme sanctionnant trois années d’études supérieures dans un domaine juridique, économique ou commercial, mais il cite expressément le BTS Professions Immobilières comme diplôme ouvrant l’aptitude. C’est le seul Bac+2 nommé dans ce texte, en raison de sa spécialisation.
Quel est le montant de la garantie financière à prévoir ?
Le minimum est de 30 000 € pendant les deux premières années d’exercice, puis de 110 000 € au minimum ensuite. Ce montant se calcule par activité exercée. Un professionnel qui s’interdit formellement de recevoir des fonds pour le compte de tiers peut demander une carte sans maniement de fonds et se dispenser de cette garantie, au prix d’une activité restreinte.
La carte S est-elle plus difficile à obtenir que les autres ?
Les conditions réglementaires sont identiques pour les trois mentions : mêmes exigences d’aptitude, de garantie, d’assurance et de moralité. La différence tient à la technicité du métier de syndic, qui combine comptabilité, droit de la copropriété et suivi technique du bâti. C’est aussi la mention la moins demandée par les jeunes diplômés, ce qui rend le marché de l’emploi favorable à ceux qui s’y engagent.
Que se passe-t-il si l’on exerce sans carte ni habilitation ?
L’exercice illégal d’une activité soumise à la loi Hoguet est un délit. Il expose à des sanctions pénales, ainsi qu’à des conséquences civiles et contractuelles : les mandats signés dans ces conditions sont fragilisés et les honoraires peuvent être remis en cause. La réglementation ne se limite pas à organiser la profession, elle protège les clients en sanctionnant ceux qui la contournent.
Pour conclure
Les cartes T, G et S ne sont pas trois trophées que le BTS immobilier distribuerait à la sortie. Ce sont trois mentions d’une même carte professionnelle, encadrées depuis 1970 par la loi Hoguet, délivrées par les CCI et soumises à quatre conditions dont votre diplôme n’est que la première.
Ce constat n’affaiblit pas la valeur du BTS Professions Immobilières, il la déplace. Ce diplôme est le seul Bac+2 que le décret de 1972 cite nommément pour justifier de l’aptitude professionnelle. Là où un professionnel sans diplôme spécialisé doit accumuler dix années d’expérience, vous obtenez la même reconnaissance en deux ans, et vous la conservez à vie. C’est une clé que vous rangez dans votre poche à vingt ans et que vous sortirez peut-être à trente-cinq, le jour où vous voudrez votre propre enseigne à Écully, à Villeurbanne ou dans le 9e arrondissement.
En attendant, l’attestation d’habilitation vous permet d’exercer dès le premier jour dans une agence, un cabinet de gestion ou un cabinet de syndic de la métropole de Lyon, sous la carte de votre employeur, avec le temps d’apprendre le métier avant d’en porter la responsabilité. C’est un parcours progressif, et c’est probablement le meilleur argument en faveur de ce diplôme.
Une question sur le BTS immobilier, l’alternance ou la suite du parcours à Lyon ? Contactez-nous via la fiche Google du campus, l’équipe répond aux candidats et à leurs familles.
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