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Le Chiffre de la Semaine : 402 309

Le Chiffre de la Semaine : 402 309

Il s’agit, en hectares, de la superficie de friches recensées dans l’outil Cartofriches du CEREMA en 2026. Ce volume correspond, par analogie, à 20 années de consommation foncière telle que mesurée par le portail national de l’artificialisation des sols.

Cette donnée sur les friches est issue des bases BASIAS-BASOL du BRGM (sols pollués, consultables sur le site Géorisques.gouv.fr) et des déclarations des acteurs locaux : collectivités, établissements fonciers locaux en particulier. Il s’agit donc d’une estimation, mais qui devient de plus en plus exhaustive avec le temps. Cartofriches enregistre ainsi un total de près de 36 000 friches sur l’ensemble de la France métropolitaine, dont 5% ont déjà été retraitées – et sont donc en cours de réutilisation (construction, etc.) et 20% ont un projet de recyclage en cours. Plus du tiers n’ont cependant aucun projet en cours, donc demeurent en attente ; enfin le reste ne constitue que des friches potentielles, détectées à titre observatoire, comme des terrains ou bâtiments dont l’activité a récemment cessé et sont encore attente de repreneur.

Dans le détail, on constate ainsi que près d’une commune sur trois en France possède au moins une friche, dont la taille médiane est de 3ha. Quelques exceptions notables se détachent sur la carte, mais ces très grandes surfaces (>5000 ha) sont des extrêmes : terrains militaires, délaissés aéroportuaires, anciennes zones d’industrie lourde ou automobile. De fait, on trouve surtout les friches dans des territoires de désindustrialisation : ancien bassin minier du Nord, vallée de la Moselle, en Lorraine, vallée de la Basse Seine ou Alsace. Le littoral méditerranéen, de Fos au Languedoc, ressort également singulièrement et, plus ponctuellement, des territoires de vieille industrie rurale (Montluçon et l’Allier, Besançon et le Doubs, le Calvados, le Choletais, la Charente et la basse-Loire).

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Carte : localisation et surfaces des friches recensées dans l’outil Cartofriches en 2026.
Source : CEREMA, 2026 / Réalisation : S. Depraz – Laboratoire ESPI2R, 2026.

Que dire cependant de ce potentiel foncier encore important? Tout d’abord, toutes les friches ne sont pas d’égal intérêt : leur localisation est précisément l’un des facteurs potentiels de délaissement, puisque certains de ces gisements fonciers sont aujourd’hui à l’écart des dynamiques économiques et dans des régions en déclin démographique.

Mais, surtout, leur récupération n’est pas toujours aisée. Près de 80% des sites sont pollués, avec des coûts de retraitement variant de 60 à 80€/m² (hors acquisition foncière), avec des pics à 200€/m² pour les opérations immobilières à forte production de m² habitable – sans quoi ce surcoût serait impossible à absorber. Même sans pollution, la seule remise en état d’un foncier en friche est en moyenne d’environ 40€/m² : démolitions, terrassements, évacuation de matériaux, etc. De ce fait, et au total, construire sur une friche représenterait « de 4 à 8% du coût de l’opération ramené à la surface de plancher prévue » (CEREMA, 2026). Ce sont surtout les zones B1 des zonages sur les « zones détendues » qui sont ainsi les plus attractives pour la récupération des friches, représentant l’équilibre optimal entre coûts du foncier, coûts de retraitement et opportunité économique de construction (couronnes périurbaines des grandes agglomérations, arrière-pays littoraux).

Ceci explique aussi pourquoi 90% des projets de récupération de friches sont portés par des acteurs publics, notamment des collectivités locales, des EPFL, des EPA ou des SEM, capables d’intégrer ce surcoût dans la dépense publique au service de la sobriété foncière.