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Le Chiffre de la Semaine : 195 745

Le Chiffre de la Semaine : 195 745

Il s’agit du nombre de bâtiments détenus par le plus grand propriétaire de France : l’Etat (source : DIE, 2026), à quoi s’ajoutent d’ailleurs 31 170 terrains (ex: forêts, parcs et domaine littoral). Un chiffre important dans l’absolu, mais qui ne représente que 0,6% du parc bâtimentaire français. Plus précisément, ce patrimoine bâti dit des « domaines » couvre 96 millions de m² de surface utile brute, dont 23,1 millions de m² de bureaux, 20,2 millions de m² de locaux d’enseignement et 18,5 millions de m² de logements.

Le premier Ministère concerné est celui des armées (casernes, terrains militaires, etc.) puisqu’il porte plus du quart des biens immobiliers de l’Etat, presque à égalité avec l’enseignement. L’intérieur et la justice (gendarmeries, tribunaux, établissements pénitentiaires, etc.) suivent avec 1/5e des biens. Ajoutons enfin que 21% des biens se trouvent en Île-de-France, soit un peu plus que sa part dans la population nationale, notamment en lien avec la concentration des fonctions régaliennes dans l’agglomération parisienne.

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Pour autant, les défis liés à ce patrimoine immobilier sont multiples. Tout comme pour les entreprises, les transformations des modes de travail affectent le parc des bureaux, si bien que l’Etat vise à resserrer la surface utile par poste de travail : actuellement à 25,2m², elle doit être rapportée à 16m² d’ici 10 ans, indépendamment de l’évolution du nombre des agents publics, avec un objectif de réduction de 25% des surfaces tertiaires de l’Etat.

Ceci passe donc par un double effort d’évaluation des actifs d’une part, et de cession des biens les moins stratégiques ou devenus obsolètes d’autre part. Côté évaluation, le parc total, représentant 73,6 milliards d’euros de valorisation, fait l’objet de près de 100 000 évaluations par an (source de toutes les données décennales : rapport d’activité 2025 de la DIE). Ces évaluations sont menées depuis 1969 par un service interne, la direction nationale d’interventions domaniales, afin de sécuriser juridiquement les opérations immobilières de l’Etat (négociations, contentieux, baux et ventes). Ces actifs font aussi l’objet d’une rentrée directe de redevances domaniales (ex : entrées dans les musées des domaines nationaux, concessions commerciales auprès d’opérateurs privés) pour environ 120 millions d’euros par an.

Côté transactions, l’Etat s’est dessaisi pour environ 2,9 milliards d’euros de biens en 10 ans (222 millions en 2024), surtout en locaux administratifs (-255 000m²), et prioritairement auprès des communes, qui bénéficient toujours d’un droit de préemption sur les biens domaniaux. Ces rentrées financières permettent ainsi d’abonder le budget de rénovation des bâtiments : les travaux de rénovation énergétique, remise aux normes (ex: incendie, accessibilité, etc.) ou de modernisation/adaptation des locaux ont en effet représenté 4,6 milliards d’euros d’investissement en 10 ans. Ces efforts ont permis d’économiser 10% sur les factures d’énergie sur ces 5 dernières années, avec notamment la volonté d’expérimenter par des coopérations ciblées avec les acteurs privés de la rénovation : voir à ce sujet l’appel à projets « nouveaux espaces de travail« , qui a permis de financer 87 lauréats sur des expérimentations public/privé innovantes.