
Il s’agit cette semaine du nombre de logements considérés comme non décents ou indignes en France et ayant fait l’objet d’un arrêté de la part des services du Ministère de la Cohésion des territoires et du logement sur une dizaine d’années (2012-2021). Ce chiffre, qui couvre 0,14% du parc national, concerne surtout les procédures de « mise en sécurité » ordinaire ou urgente (anciennement de péril ou de péril imminent, concernant la structure de l’immeuble et son risque d’effondrement) ou de désordre ponctuel présentant un danger imminent (ex: exposition au plomb), ou encore une procédure d’insalubrité, urgente ou non (ex: fuites et infiltrations du toit, absence de luminosité, absence de sanitaires intérieurs). La non décence revêt un caractère plus large (taille des pièces inférieure à la réglementation, vétusté des systèmes électriques ou de chauffage, présence de nuisibles, passoire énergétique, etc.).
Ce chiffre, relativement réduit, ne recouvre cependant pas l’ensemble des situations vécues par la population. Le site Signal Logement, lancé par le gouvernement fin 2021 pour aider à détecter les situations potentiellement dangereuses vécues par les locataires et accélérer les travaux de mise aux normes, accueille ainsi environ 2500 à 3000 signalements par mois. Tous les signalements ne donnent pas lieu à procédure, mais ils aident à faire réagir les bailleurs.

Plus largement, le dernier rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés (2026) pointe une augmentation de la proportion d’habitants vivant dans un logement perçu comme insalubre (4,3%, soit +0,8 points en 15 ans), à ajouter aux populations en habitat précaire ou bien logées de manière contrainte chez des tiers (voir p. 333). La Fondation pointe aussi le fait que 35% de la population aurait souffert du froid dans son logement durant l’hiver, et 49% du chaud en été – là aussi, les proportions sont en hausse.
Cette tendance, contraire à l’évolution du logement à l’échelle européenne – plutôt en amélioration – pointe donc une anomalie du parc français dont l’habitabilité semble donc se dégrader avec le temps. Cela fait notamment écho aux difficultés des politiques d’aide à la rénovation et aux coûts d’entretien d’un parc de logement certes très patrimonial, mais vieillissant et à adapter aux normes actuelles.